Une DJ de l’une des radios musicales les plus populaires d’Israël a été renvoyée mercredi matin après avoir exprimé son soutien à un homme qui aurait volontairement tué un policier pendant une opération de démolition de maisons construites illégalement dans le village bédouin non reconnu d’Umm al-Hiran.

Le garde-frontière Erez Levi a été tué mercredi matin par le véhicule conduit par Yaqoub Mousa Abu al-Qian, un habitant d’Umm al-Hiran dont la maison devait être démolie.

Abu al-Qian a été abattu par la police, ce qui a déclenché de violents affrontements entre forces de l’ordre et manifestants.

Les responsables israéliens ont rapidement affirmé que l’évènement était une attaque terroriste, mais les députés et les militants arabes ont remis en cause cette affirmation.

Quelques heures après les violences de mercredi matin, Khen Elmaleh, DJ pour la populaire radio militaire musicale GalGalatz, a semblé exprimer son soutien au conducteur du véhicule sur Facebook.

Des Bédouins en larmes après des démolitions de maisons dans le village bédouin non reconnu d'Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Des Bédouins en larmes après des démolitions de maisons dans le village bédouin non reconnu d’Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

« Je renverserai aussi un policier s’ils m’expulsaient de force de ma maison pour construire des logements pour une communauté qui est plus forte que moi, et ne me parlez pas d’éducation », a-t-elle écrit sur sa page Facebook personnelle.

Yaron Dekel, qui dirige la radio militaire, a rapidement renvoyé Elmaleh pour ses propos, affirmant que « quiconque exprime son soutien à la mort d’un policier n’a pas sa place sur les ondes » d’une radio dirigée par l’armée israélienne.

Elmaleh a ensuite supprimé le post concerné, mais a regretté qu’il n’y ait pas de place pour « une discussion complexe sur la violence dirigée contre les civils. »

« La justice est la justice, et n’importe qui peut facilement se retrouver victime de maltraitance de l’establishment, a-t-elle écrit sur Facebook. Tout le monde est victime ici, les évacués et la police ; certains des pires crimes sont menés sous la protection de la loi. »

Mercredi soir, des centaines de manifestants se sont rassemblées à Tel Aviv, Haïfa, Jaffa, Nazareth et Qalansawe pour dénoncer les violences mortelles de la matinée.