Les Juifs sont souvent connus comme étant « le peuple du Livre ». Et maintenant « Eretz Nehederet », l’émission satirique par excellence du pays, qui s’amuse de tout ce qui est israélien, qui a décidé de s’en prendre à la Bible. Oui, à ce livre-là.

La comédienne Shani Cohen se glisse dans la peau de Sivan Rahav-Meir, une auteure et intervenante religieuse, habillée pudiquement et arborant perruque et bandeau. Elle se présente comme une commentatrice de la Torah qui a écrit le livre « le statut juif », et qui présentera des morceaux de la Torah au gré de l’émission.

« C’est un peu effrayant de parler de judaïsme », dit le personnage Rahav-Meir, secouant la tête d’un air entendu.

Bien sûr que c’est le cas. La Torah est une autre approche qui permet pourtant de s’amuser des Israéliens, et de la réserve et du malaise que les Israéliens religieux et laïcs peuvent éprouver les uns face aux autres.

Et c’est une manière délicieusement spécifique de faire référence aux émissions encore populaires sur les textes hebdomadaires tirés de la Torah, à la radio ou à la télévision, ainsi que dans des livres qui se transforment parfois en best-sellers.

Il y a, ça va se soi, de nombreux jeux de mots intégrés dans ces interprétations – notamment celui de ‘parasha’ qui, dans la Torah, se réfère à l’extrait hebdomadaire de la Torah qui est lu dans les synagogues mais qui est également un mot de l’hébreu moderne se référant à une actualité ou à un incident.

« Nous apprendrons quelque chose de nouveau, comme le chapitre de la semaine… Pas l’événement d’actualité », dit ainsi Rahav-Meir. « Qu’est-ce qu’un passage de la Torah sinon un tweet de Dieu. Une parasha est une histoire de Dieu, comme mes posts de blogs, mais ils sont plus courts ».

Elle a évoqué dans l’émission, l’extrait hebdomadaire de cette semaine – Vaera – qui évoque la tente d’Abraham et sa vision de l’hospitalité en laissant les spectateurs savoir qu’il ne s’agit bien évidemment pas du même modèle de tente que celui qui est utilisé aujourd’hui, qui se monte instantanément et bénéficie d’une grande popularité parmi les Israéliens qui campent à la plage.

HaEl, dit-elle, utilisant le nom de Dieu dans la Torah, se réfère bien sûr à Dieu et non pas à la petite fille que vient d’avoir Bar Refaeli et dont le prénom, Elle, a été tourné en dérision sur les médias sociaux.

Vous voyez ? Même la Torah peut-être utilisée comme instrument de satire.