L’objectif sous-jacent au geste de se serrer la main pourrait être de découvrir l’odeur de la personne, affirme un article publié mercredi par une équipe de chercheurs israéliens.

Pour le Professeur Noam Sobel, président de la chaire de neurobiologie à l’Institut Weizmann, les gens montrent une tendance à renifler leurs mains après avoir serré la main d’une personne qu’ils viennent de rencontrer, ce qui suggère que la poignée de main est un moyen de transférer des enzymes sociaux.

« Il est bien connu que nous émettons des odeurs qui influencent le comportement et la perception des autres, mais, contrairement à d’autres mammifères, nous ne prélevons pas ouvertement les odeurs d’autrui », a déclaré Sobel. Au lieu de cela, nos expériences révèlent que les poignées de main sont un moyen discret de rechercher activement des signaux chimiques. »

Dans le cadre d’une série d’expériences, quelque 270 participants ont été filmés secrètement en étant accueillis par différents chercheurs, avec ou sans une poignée de main.

Les chercheurs ont découvert que dans 22 % des cas, les hommes et les femmes tenaient leurs mains près de leur nez pour obtenir une bouffée d’eux-mêmes, avant même la rencontre.

Cependant, après avoir salué le chercheur, ce comportement doublait. Une fois que le chercheur avait quitté la pièce, les gens reniflaient leur main droite deux fois plus qu’avant la poignée de main.

Curieusement, en serrant la main de quelqu’un du sexe opposé, le reniflement de la main gauche doublait, peut-être pour s’assurer de leur propre odeur par comparaison, a supposé Sobel.

« Nous avons tendance à penser à la chimio-signalisation comme une histoire sociale de l’autre sexe, mais ce n’est pas le cas déclare Sobel dans un article du New Scientist. Il y a beaucoup de cas de signalisation qui se passent au sein du même sexe comme des femmes synchronisant leurs cycles menstruels ou des rongeurs se reniflant dans un but de domination. »

Certains des participants ont été équipés de moniteurs nasaux qui ont confirmé qu’ils reniflaient leurs mains quand ils les ont approchées de leur nez. Le volume d’air inhalé augmente lorsque le sujet recherche une odeur au lieu de respirer simplement .

Les chercheurs ont également porté de temps en temps des gants stériles afin d’échantillonner les produits chimiques susceptibles d’être transférés de main en main. Les résultats ont signalé la présence de squalène et d’acide hexadécanoïque , qui sont tous deux connus pour être utilisés en tant que signaux chimiques entre chiens et entre rats.

« Ce n’est qu’un exemple de plus qui montre que la chimio-signalisation est une force motrice dans le comportement humain », affirme Sobel. Il a noté que la fréquence du reniflage de la main constituait pour lui une surprise.

« Lorsque nous avons analysé les vidéos nous avons vu des gens se reniflant comme des rats, a-t-il dit. Vous voyez cela tout le temps mais vous n’y pensez pas. »

La recherche a été publiée en ligne sur le site eLife.

Les poignées de main ont une longue histoire. Une stèle funéraire grecque du 5e siècle avant notre ère montre deux soldats et un prêtre se serrant la main, mais l’origine exacte de la coutume est largement considérée comme un mystère.

Jusqu’à présent la plupart des théories y voyaient un geste de paix pour montrer l’absence d’une arme dissimulée dans la main.