Une journaliste qui à été renvoyée de son poste de rédactrice du Time Magazine poursuit le magazine en justice pour discrimination en raison du sexe et de l’âge.

Catherine Mayer a intenté une poursuite contre son ancien employeur le 24 juillet, après avoir échoué à parvenir à un accord à l’amiable, a annoncé samedi le Guardian britannique.

Dans sa plainte, Mayer affirme que le Time a violé les lois sur la discrimination et les droits civiques au moyen d’un système « de favoritisme masculin par lequel les hommes, en particulier les anciens correspondants de guerre, sont favorisés au détriment des femmes dans les décisions de recrutement, de licenciement et de promotion. »

Mayer, Britannique née aux Etats-Unis dans une famille juive, a travaillé au Time Magazine de 2004 à 2015. Ces dernières années, elle était éditrice européenne du bureau de Londres et c’est pendant cette période qu’elle a subi la discrimination de ses collègues. Elle affirme également que la manière dont elle a été traitée l’a faite souffrir de dépression, de migraines et d’insomnie.

Mayer a déclaré au Guardian qu’elle a d’abord cherché un règlement à l’amiable, mais a finalement dû aller en justice en raison des délais juridiques qui l’aurait forcée à abandonner l’affaire.

« Au début, ce que tu veux, c’est simplement pouvoir continuer ta vie, a t-elle dit. La dernière chose que tu veux, c’est de repenser et de te soucier de tous les mauvais souvenirs, les douloureux. Et comme la plupart des gens du monde du journalisme le savent, le pire, c’est de se mettre en avant. »

Mayer a travaillé pendant huit ans au Time Magazine avant de devenir la rédactrice en charge de l’Europe, selon les documents judiciaires déposés à New York, où se trouve le siège social du magazine.

L’éditeur des informations étrangères du Time a ensuite nommé Matt McAllester, un jeune homme, pour être son adjoint, même s’il avait été promis à Mayer qu’elle aurait le droit de choisir les membres de son équipe, et sans processus de sélection ouvert, selon le rapport.

Mayer prétend que McAllester a cherché à la remplacer. Les plaintes contre son comportement qui, d’après elle, visait a saper son autorité, ont été ignorées, affirme t-elle.

McAllester a créé un environnement de travail inconfortable dans les bureaux du Time à Londres, selon Mayer, dans lequel « les hommes et les femmes non-machistes, qui ne se conforment pas aux attentes sur les rôles des femmes et des hommes, ne se sentaient pas à l’aise. Les employés de Londres ont rapidement conclu que McAllester essayait de se débarrasser de tous les plaintifs. »

Un an après avoir pris son poste, elle a été dépouillée de ses responsabilités en tant que rédactrice Europe et a fini par céder son poste à McAllester. Elle a été licenciée en avril 2015.

Son licenciement a eu lieu au moment où elle publiait une biographie du prince Charles du Royaume-Uni, et son renvoi a eu un impact négatif sur sa réputation et ses ventes, affirme-t-elle dans sa plainte, « puisque beaucoup ont supposé que le Time l’avait renvoyée car ses recherches pour la biographie n’étaient pas correctes, ou pour d’autres raisons liées à ses qualités de journaliste. »

Le Time n’a pas répondu aux demandes de commentaire, et McAllester refuse de s’exprimer sur le sujet, a précisé le Guardian.

Depuis son départ, Mayer a cofondé le Women’s Equality Party, une organisation politique promouvant les droits des femmes. En plus de la biographie de Charles, Mayer a publié cette année un livre, qui n’est pas une fiction, Attack of the 50 ft. women, qui se penche sur la discrimination sexuelle.

Le procès de Mayer se déroule à un moment où beaucoup d’attention est apportée à la différence des salaires entre femmes et hommes, notamment après la publication des plus gros salaires de la BBC, qui montre clairement que les hommes gagnent plus que les femmes.