Une explosion de gaz s’est produite dans la matinée du lundi 20 janvier à Jérusalem. Bilan : un couple, Avraham et Galit Tufan, et leur enfant Yossef Haim de 2 ans sont morts, tandis que l’on compte 11 blessés, dont une femme, grièvement.

L’explosion a eu lieu au troisième étage de l’immeuble, rue Shabtai Hanegbi, dans le quartier de Gilo, situé au sud de Jérusalem, provoquant son effondrement partiel. Le bruit de l’explosion a été entendu à plusieurs kilomètres.

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Si les secours sont parvenus à retirer l’enfant des décombres, ils n’ont pas pu le réanimer. Ils craignaient aussi qu’un autre enfant ait été pris au piège.

Trois heures après l’accident, un jeune homme de 20 ans, gravement brûlé, a été sauvé. Une femme âgée de la cinquantaine était dans un état critique et un couple octogénaire a souffert de légères blessures. Les victimes de l’explosion ont été transportées à l’hôpital Hadassah Ein Karem et à celui de Shaare Zedek à Jérusalem.

La plupart des autres résidents blessés ont quitté l’hôpital à midi ce lundi. Dans la matinée, la police a procédé à l’arrestation d’un technicien du gaz qui avait effectué des travaux dans l’immeuble, la veille de l’accident, et qui est soupçonné de négligence.

Meir Kadosh, un résident de l’immeuble, affirme que le bâtiment avait été en proie à des fuites de gaz depuis plus d’un an, à cause d’un système défectueux. Meir Kadosh a déclaré à la radio militaire que les résidents avaient envoyé une lettre de plainte à Supergas il y a déjà plusieurs mois, mais celle-ci est restée lettre morte jusqu’à ce jour.

Les parents Avraham et Galit Tufan et leur enfant Yossef Haim, morts dans l'explosion de gaz à Gilo, Jérusalem (Crédit ; reproduction Flash 90)

Les parents Avraham et Galit Tufan et leur enfant Yossef Haim, morts dans l’explosion de gaz à Gilo, Jérusalem (Crédit : reproduction Flash 90)

Un porte-parole de la compagnie de gaz Supergas a déclaré que le technicien avait été appelé à deux reprises. Une fois sur place, il aurait éteint le gaz, assurant aux résidents de l’immeuble que le problème était résolu. Toutefois, les habitants se sont plaints d’une forte odeur qui persistait. Ce à quoi le technicien aurait répondu : « Elle va disparaître ! »

« Il est difficile de localiser la source de l’explosion », a indiqué Shachar Ayalon, chef des services de lutte contre les incendies en Israël, au site Ynet.

« Nous allons essayer de recréer l’événement et de déterminer ainsi les motifs de l’explosion. Les voisins ont appelé un technicien du gaz, mais il ne fait aucun doute que c’est un cas de négligence.»

« C’est une véritable tragédie », a déclaré le maire de Jérusalem, Nir Barkat, qui s’est rendu sur les lieux, tôt ce matin. Sa priorité était alors de s’assurer que personne d’autre n’était resté sous les décombres et que toutes les victimes aient un endroit pour dormir.

« C’est une véritable tragédie »

Nir Barkat

Le technicien a été arrêté dans les premières heures ce matin et un tribunal a ordonné sa garde à vue jusqu’à mercredi. Son avocat, Yehouda Shoshan, le décrit comme un travailleur dévoué à Supergas depuis 17 ans.

L’avocat explique l’explosion comme le résultat d’une deuxième fuite, consécutive à celle résolue par son client. « Il ne pouvait pas prévoir une deuxième fuite », a-t-il fait remarqué.

« Le verre a explosé sur moi [alors que je dormais] », raconte un habitant à la radio militaire israélienne. « Mes filles sont traumatisées, elles étaient hystériques.» Un autre résident confie à Channel 2 qu’il croyait d’abord qu’il s’agissait d’une attaque terroriste, ou encore d’un  tir de missile.

L’infirmier Fadi Badarna – qui a aidé Yossef Haim, l’enfant de 2 ans, décédé sur la route qui l’emmenait à l’hôpital – s’est exprimé sur les ondes de la radio israélienne. « C’était une scène très douloureuse. La maison a été gravement endommagée. Tout est brûlé, c’est indescriptible », a-t-il raconté.

Dans un communiqué, Supergas signale qu’elle coopérait avec la police dans son enquête sur l’incident et a fait part sa tristesse concernant la mort des victimes.

La compagnie de gaz a souligné que les conduites de gaz de l’immeuble avaient été inspectées conformément à la loi et jugées dans un état satisfaisant.

« Conformément à la loi, un test du système de gaz de l’immeuble doit être effectué de manière obligatoire tous les cinq ans. En l’occurrence, le test de l’immeuble parti en fumée avait été accompli en septembre 2012 et le système était alors bien conforme. »