On a souvent dit que les hôpitaux et les cliniques de Jérusalem sont un bastion de coexistence et de coopération dans cette ville si fougueuse.

Une nouvelle exposition, « Jérusalem : un diagnostic médical », au musée de la Tour de David, offre un regard rétrospectif sur l’histoire de la guérison.

« Lorsque vous entrez dans une clinique, vous êtes simplement une personne », observe Eilat Lieber, directrice du musée. « C’est un endroit où tous les conflits et toutes les tensions sont nulles et non avenues. »

Les musulmans, chrétiens et juifs étaient tous des patients de l’hôpital Hansen, une villa tentaculaire qui abritait autrefois les lépreux de la ville.

Il a récemment été transformé en centre médiatique. L’hôpital Hadassah, le centre médical tentaculaire en proie à une période de difficultés financières, s’est révélé un vrai sauveur pour les malades de la ville. Il fut fondé par Henrietta Szold, la première à mettre en place des rotations d’infirmières.

De même, des moines franciscains, situés dans la Vieille Ville, étaient les propriétaires de la plus grande pharmacie ottomane de Jérusalem.

Leur remède à base de balsamine a sauvé de nombreux habitants de la ville lors de l’épidémie de variole des années 1860. Et sur la route, le Centre Spafford pour enfants dans la colonie américaine portait assistance aux habitants de Jérusalem, peu importe leur appartenance religieuse.

Etudiante en histoire de Jérusalem, Lieber fut la première à émettre l’idée d’une exposition sur l’histoire médicale d’Israël. À l’époque, elle était plongée dans l’étude du roman posthume d’Agnon, Shira.

Le livre raconte l’histoire d’un professeur d’âge moyen de l’Université hébraïque qui s’ennuie avec sa femme – ironiquement nommée Henrietta – et passe ses jours et ses nuits à chercher Shira, une infirmière, rencontrée à l’hôpital un an auparavant.

Dans l’une des deux fins au roman, le professeur passe le reste de ses jours à l’hôpital Hansen, avec Shira, qui a contracté la lèpre, comme les autres patients de Hansen.

L’histoire, racontée par l’un des plus illustres conteurs de la ville, offre le cadre parfait d’une partie de l’exposition, forte de détails sur la ville et le développement de ses établissements médicaux au cours de la période du Mandat britannique.

Dans son ensemble, l’exposition, organisée par l’historienne Nirit Shalev-Khalifa, pose un regard non chronologique sur l’histoire de la médecine à Jérusalem, abordant les périodes de maladie, de guérison et de miracles, échelonnées sur des milliers d’années dans la Ville sainte.

Exceptionnellement pour le musée, qui ne présente généralement pas d’artefacts, cette exposition comprend des objets recueillis de près ou de loin, y compris des anciens remèdes et herbes pharmaceutiques, des prescriptions plus modernes comme Optalgin (créé par Teva, fabricant pharmaceutique de génériques, fondé à Jérusalem et qui a contribué à financer l’exposition), des lits d’hôpitaux datant des années 1920 et des registres d’inscriptions de l’hôpital Shaare Zedek.

L’exposition, qui se poursuit jusqu’en 2015, sera accompagnée d’événements, y compris des visites guidées à travers la Vieille Ville sur les communautés qui ont apporté leur expertise médicale aux habitants de Jérusalem.

« Les établissements médicaux sont des îles de miséricorde », déclare Shalev-Khalifa.

« Un officiel du ministère de la Santé est venu, et savez-vous ce qu’il a dit ? Jérusalem a la plus longue espérance de vie de toutes les villes israéliennes, probablement en raison de sa puissante activité communautaire. Elle garde tout simplement les gens en bonne santé. »