L’Iran pourrait avoir une candidate, une première en Iran, aux élections présidentielles qui devraient avoir lieu au mois de mai, alors que les conservateurs cherchent à se rallier autour d’un candidat de consensus pour faire face au président relativement modéré, Hassan Rouhani.

Un nom qui revient souvent est celui de Marzieh Vahid-Dastjerdi, une gynécologue, une ancienne députée et la première femme ministre de l’Iran depuis la révolution islamique de 1979. Elle a été ministre de la Santé et l’Education médicale entre 2009 et 2013 sous la présidence de Mahmoud Ahmadinejad.

Vahid-Dastjerdi, 58 ans, est actuellement la porte-parole du Front populaire des forces de la Révolution islamique, un groupe qui cherche à concentrer le soutien des conservateurs sur un seul candidat afin de vaincre Rouhani.

Même si elle a déclaré que les rumeurs entourant sa possible candidature « n’étaient pas vraies », Vahid-Dastjerdi a récemment émergé comme étant une critique virulente du président, en déclarant il y a plus d’une semaine que « la nation mérite un gouvernement meilleur que l’administration Rouhani », a indiqué le Teheran Times.

Malgré la spéculation croissante entourant la candidature potentielle de Vahid-Dastjerdi, on ne sait pas si elle serait autorisée à se présenter, car le conseil des Gardiens du pays, un puissant corps juridique composé de juristes et de clercs chiites, a interdit aux femmes de participer aux élections.

Le président iranien Hassan Rouhani lors d'une conférence de presse à Téhéran le 17 janvier 2017 pour marquer le premier anniversaire de la mise en œuvre de l'accord nucléaire (Crédit : AFP Photo / Atta Kenare)

Le président iranien Hassan Rouhani lors d’une conférence de presse à Téhéran le 17 janvier 2017 pour marquer le premier anniversaire de la mise en œuvre de l’accord nucléaire (Crédit : AFP Photo / Atta Kenare)

Cependant, le conseil des Gardiens a fait des vagues en décembre quand il a déclaré qu’il pourrait envisager de changer sa définition d’ « hommes d’Etat » de son interprétation strictement masculine, ce qui permettrait aux femmes de se présenter aux élections présidentielles pour la première fois, selon Teheran Times.

Alors que certains conservateurs ont soutenu qu’elle pourrait être un « bon rival pour Rouhani » et que cela ne fait aucune différence qu’elle soit une femme, d’autres ont suggéré que la candidature potentielle de Vahid-Dastjerdi pour représenter la faction conservatrice est le travail des rumeurs répandues par les partisans de Rouhani qui cherchent à diviser les conservateur, selon Radio Free Europe qui avait consacré un reportage sur sa candidature éventuelle.

Alors que certains Iraniens ont fait l’éloge de la possibilité de la candidature de Vahid-Dastjerdi comme un pas en avant pour les femmes dans un pays où les femmes n’ont pas beaucoup de droits comparés aux hommes, d’autres ont souligné son soutien passé aux hôpitaux qui séparent les personnes par sexe et son opposition à ce que l’Iran signe la convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, elle pourrait plutôt chercher à renforcer davantage la discrimination existante des femmes.

Le journaliste iranien Ehsan Mehrabi a déclaré à la Radio Free Europe que, malgré la curiosité entourant la candidature potentielle de Vahid-Dastjerdi, il est peu probable que les conservateurs religieux permettent une telle candidature.

« La présence de femmes dans des postes politiques importants a toujours été une ligne rouge pour les clercs conservateurs », a-t-il déclaré, ajoutant que « je doute que le Conseil des Gardiens soit prêt à franchir l’une de ses lignes rouges dans le but de réduire les votes pour Rouhani ».