Après une journée, la police n’avait pas encore trouvé dimanche le motif d’un quadruple homicide effroyable, où un homme a poignardé à mort sa femme, leurs deux enfants, et un petit voisin.

Dor Crasanti-Sela a été tuée avec ses fils, Yosef, deux ans, et Binyamin, un an, samedi après-midi, dans un appartement de la ville de Migdal, dans le nord d’Israël, près de Tibériade. Nachman Atia, 11 ans, a lui aussi été tué, et son frère Natan, 10 an, a été blessé mais a survécu. Il a raconté avoir fait semblant d’être mort avant de fuir par une fenêtre.

La police a annoncé que l’enquête était en cours. Elle n’aurait pas encore déterminé le motif des meurtres. L’homme, arrêté samedi dans une forêt voisine, a avoué les meurtres, a annoncé la police.

Son nom est placé sous embargo.

Devant le tribunal, le père a demandé que « Dieu me pardonne ». Le juge a ordonné qu’il soit placé en détention pour au moins 12 jours, selon le site d’information Ynet. Il sera également examiné par un psychologue.

Nachman Atia, 11 ans, a été tué par son voisin, à Migdal, le 28 janvier 2017. (Crédit : autorisation)

Nachman Atia, 11 ans, a été tué par son voisin, à Migdal, le 28 janvier 2017. (Crédit : autorisation)

Comme les autres victimes, Natan Atia, le seul survivant, a été poignardé à de multiples reprises. Il a déclaré à la police que le tueur avait arrêté de le poignarder quand il avait prétendu être mort.

Il a ensuite sauté par le fenêtre de la chambre de l’appartement des Sela, situé au rez-de-chaussée, et a couru chercher de l’aide.

Les secouristes ont retrouvé Natan inconscient à quelques centaines de mètres de l’appartement. Il a été poignardé au visage, au cou et aux mains.

Le chef du service de traumatologie de Rambam, le Dr Hani Bachus, a déclaré que Natan était en train d’être opéré, et que ses jours n’étaient pas en danger.

Les violents meurtres ont choqué la petite commune de Galilée, et la plupart des habitants ont exprimé leur incompréhension en apprenant l’identité des victimes et du tueur.

« Il n’y avait pas eu de signe que quelque chose d’aussi incroyable puisse arriver », a déclaré un voisin à la Dixième chaîne.

Selon les médias, le jeune couple était récemment devenu religieux et avait emménagé à Migdal, une ville d’environ 2 000 habitants, avec leurs jeunes enfants.

« Elle avait une bonne âme, a déclaré un autre voisin. Je ne peux pas croire qu’il fasse quelque chose de si horrible. Ils avaient des enfants si doux, si beaux, et si innocents. »

Un autre habitant a déclaré à la Dixième chaîne qu’il était assis aux côtés du père dans la synagogue de Migdal le samedi même.

« Je n’aurais jamais deviné qu’il puisse être capable de commettre un crime aussi atroce, a-t-il déclaré. Toute notre communauté doit s’interroger pour voir s’il y a quelque chose que nous avons raté qui aurait pu empêcher ce massacre. »

Le vice-président du Conseil régional de Migdal était lui aussi surpris. Il a déclaré à la radio militaire qu’il n’y avait pas eu d’alerte apparente avant les meurtres.

« Ce n’était pas une famille à risque, a déclaré Yossi Gino. Comme tous les autres habitants de Migdal, je suis choqué par les meurtres, toute notre communauté est en deuil après cet acte choquant. »

La mère de Dor Crasanti-Sela, Ravit Crasanti, a cependant affirmé qu’elle était certaine que les meurtres étaient prémédités.

« Il a attendu que nous partions de la maison et après il les a assassinés », a-t-elle déclaré.

Elle a demandé que l’on vienne aux funérailles afin de « voir quels trésors il nous a enlevés ». Elles sont organisées dimanche à 18h00.

Le premier signalement de l’incident avait été reçu par Magen David Adom peu avant 15h00. Fadima Nadeen Jubran, l’une des secouristes dépêchés sur les lieux, a raconté avoir découvert « une vision choquante ».

Jubran a raconté que la femme et les trois enfants ne respiraient pas et présentaient des signes d’une attaque violente.

Leurs décès ont été prononcés immédiatement. Le garçon de 10 ans était inconscient, et a reçu les premiers soins avant d’être transporté au centre médical Rambam de Haïfa.

Les morts des frères Sela portent le total d’enfants israéliens tués par leurs parents à sept depuis le début de l’année.

Ce mois-ci, une femme de Jérusalem a assassiné ses quatre enfants avant de se suicider. Quelques jours après, une mère et son fils ont été retrouvés morts à Akko. Là aussi, la police pense que la mère a tué son enfant avant de se suicider.

La police sur les lieux du meurtre d'une femme et de trois enfants, à Migdal, dans le nord d'Israël, le 28 janvier 2017. (Crédit : capture d'écran)

La police sur les lieux du meurtre d’une femme et de trois enfants, à Migdal, dans le nord d’Israël, le 28 janvier 2017. (Crédit : capture d’écran)