Des assaillants armés ont fait irruption dans une résidence à Créteil, en banlieue parisienne, et cambriolé les lieux.

L’un d’eux a violé la femme pendant que son compagnon était neutralisé par l’un de ses complices.

La police française a arrêté deux suspects dans l’incident, qui a eu lieu lundi, selon le quotidien Le Parisien. Un troisième suspect est toujours en fuite.

Les trois hommes armés de pistolets sont entrés par effraction dans l’appartement où vivent les parents d’une des victimes.

Ils ont séparé la jeune femme âgée de 19 ans de son compagnon de 21 ans, selon le journal. Un suspect a violé la femme tandis que l’autre veillait, et qu’un troisième était parti retirer de l’argent d’un distributeur automatique. Les assaillants ont passé environ une heure dans la maison, a indiqué la police.

Avant le viol, les hommes ont exigé que le couple leur remette leurs cartes de crédit avec les codes. Les assaillants ont conseillé au couple de ne pas prétendre qu’ils n’ont pas d’argent, car ils savaient qu’ils étaient juifs, a raconté le couple à la police.

« Il est trop tôt pour dire si les victimes ont été choisies parce qu’elles sont juives, » a confié un représentant de la loi au Parisien. Mais, le caractère antisémite a été confirmé par les autorités.

Le « caractère antisémite (de l’agression) semble avéré », a déclaré Bernard Cazeneuve. Les agresseurs « partaient de l’idée qu’être juif signifiait que l’on avait de l’argent », ont renchéri les enquêteurs.

« Quand il se passe de tels drames, de telles tragédies, ce n’est pas la famille simplement qui est blessée, agressée, c’est ce que la France porte de plus grand, de meilleur, qui se trouve blessé, abîmé », a déclaré François Hollande au cours d’une intervention à l’Elysée.

Le Premier ministre a condamné l’attaque sur son compte Twitter :

Le président du Congrès juif européen, Moshe Kantor, a dénoncé l’attaque.

« Malheureusement, il semble que c’est une ‘saison ouverte’ pour [attaquer] les Juifs en France après tant de violences récentes contre les Juifs et les institutions juives depuis la torture cruelle et l’assassinat d’Ilan Halimi », a affirmé Kantor, se référant à l’acte antisémite qui avait ébranlé la communauté juive en 2006.

Kantor exhorte le gouvernement français à placer la lutte contre les crimes antisémites à « l’avant-garde de son calendrier ».

Le nombre des actes antisémites en France a presque doublé (+91%) au cours des sept premiers mois de l’année par rapport à la même période de 2013, selon un décompte du Service de protection de la communauté juive (SPCJ) effectué à partir des plaintes déposées.

Mardi soir, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) avait dénoncé une « agression antisémite sauvage » et demandé qu’un « plan spécifique d’urgence » soit mis en place pour faire face à la recrudescence des actes antisémites.

En 2006, un jeune employé juif avait été séquestré, torturé et tué par une bande surnommée « le gang des barbares », qui l’avait enlevé et avait demandé une rançon à sa famille en tablant sur sa supposée richesse. Le chef de bande, Youssouf Fofana, a été condamné à la perpétuité en décembre 2010.

Parallèlement les actes visant les musulmans sont en hausse de 12 % de janvier à septembre 2014 même si les menace à leur encontre ont baissé de 45 %, selon l’Observatoire national contre l’islamophobie.

« La recrudescence des actes racistes et antisémites ces derniers mois doit interpeller l’ensemble de la société », a réagi l’Union des mosquées de France (UMF), qui « condamne avec la plus grande vigueur » l’agression de Créteil.

Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, a déploré jeudi « la persistance de préjugés abjects » concernant les Juifs et souligné que « racisme et antisémitisme sont synonymes de la destruction programmée du rêve français ».

L’équipe du Times of Israël et l’AFP ont contribué à cet article