Une forteresse datant de l’époque des Maccabées découverte à Jérusalem
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Une forteresse datant de l’époque des Maccabées découverte à Jérusalem

La fortification d'Acra, construite par Antiochos IV, a maintenu le contrôle séleucide sur le Temple jusqu'à sa conquête par les Hasmonéens

Les vestiges de la citadelle d'Acra et la tour de la Cité de David à Jérusalem (Crédit : Assaf Peretz / Autorisation de l'Autorité israélienne des antiquités)
Les vestiges de la citadelle d'Acra et la tour de la Cité de David à Jérusalem (Crédit : Assaf Peretz / Autorisation de l'Autorité israélienne des antiquités)

Avec ce que les archéologues décrivent comme une « solution à l’une des plus grandes énigmes archéologiques de l’Histoire de Jérusalem », les chercheurs de l’Autorité israélienne des Antiquités ont annoncé mardi avoir trouvé les vestiges d’une forteresse utilisée par le roi grec de la dynastie des Séleucides Antiochos IV Épiphane pendant son siège de Jérusalem en 168 avant notre ère.

Une section de la fortification a été découverte sous le parking Givati de la Cité de David au sud des murailles de la Vieille Ville et du mont du Temple.

La fortification aurait fait partie d’un système de défense connu sous le nom de la forteresse Acra, construite par Antiochus pendant qu’il cherchait à étouffer une rébellion sacerdotale juive centrée autour du Temple.

Antiochus est connu dans la tradition juive comme le méchant de la fête de Hanoukka qui cherchait à interdire les rites religieux juifs, suscitant la révolte des Maccabées.

La forteresse Acra a été utilisée par les Séleucides d’Antiochus pour superveiller le Temple et maintenir le contrôle sur Jérusalem.

La forteresse était tenue par des Juifs hellénisés, qui, selon de nombreux chercheurs, se sont ensuite engagés dans une guerre civile à part entière avec les Juifs traditionalistes représentés par les Maccabées. Les mercenaires payés par Antiochus complétaient ses forces de défense.

Les pierres de fronde en plomb et des pointes de flèche en bronze estampillés avec le symbole du règne de Antiochos IV, la preuve des tentatives pour conquérir la citadelle Acra dans la CIté de David de Jérusalem à l'époque des Maccabées. (Crédit : Clara Amit / Autorisation de l'Autorité israélienne des antiquités)
Les pierres de fronde en plomb et des pointes de flèche en bronze estampillés avec le symbole du règne de Antiochos IV, la preuve des tentatives pour conquérir la citadelle Acra dans la CIté de David de Jérusalem à l’époque des Maccabées. (Crédit : Clara Amit / Autorisation de l’Autorité israélienne des antiquités)

Le site sera ouvert au public pour la fête de Hanoukka, qui cette année commence le soir du 6 décembre, a annoncé l’Autorité israélienne des Antiquités.

La découverte des fondations de l’Acra met un terme à plus d’un siècle d’intense spéculation sur son emplacement, ont déclaré mardi les archéologues.

La forteresse est mentionnée dans le Livre des Maccabées I et II, et par l’historien juif de l’époque romaine Flavius Joseph.

דרמטית. כך מגדירים ארכיאולוגים והסטוריונים את התגלית שאנחנו מפרסמים היום. מיטב חוקרי ירושלים העלו במהלך השנים הצעות ביחס…

Posted by ‎רשות העתיקות – לגעת בעבר‎ on Tuesday, 3 November 2015

Le patrimoine archéologique de la période du contrôle grec séleucide de Jérusalem est rare, un fait qui a contribué à la difficulté de résoudre ce long mystère.

Les vestiges de la citadelle d'Acra et la tour de la Cité de David à Jérusalem (Crédit : Assaf Peretz / avec Autorisation de l'Autorité des Antiquités d'Israël)
Les vestiges de la citadelle d’Acra et la tour de la Cité de David à Jérusalem (Crédit : Assaf Peretz / avec Autorisation de l’Autorité des Antiquités d’Israël)

Mais ces derniers mois, les chercheurs creusant sur le site ont lentement déterré un mur massif, la base d’une tour « avec des proportions impressionnantes », de 20 mètres de long et de quatre mètres de large, a précisé l’Autorité israélienne des Antiquités.

La base extérieure de la paroi était revêtue d’une couche de poussière, de pierres et de plâtre, une pente glissante délibérément ajoutée à la paroi pour rendre difficile l’escalade des murs par les attaquants.

Les fouilles, qui se poursuivent depuis 10 ans, ont également révélé des pierres de fronde en plomb, des pointes de flèches et les pierres tirées par une baliste et une ancienne catapulte en bronze.

Les pierres de baliste ont été estampillées avec l’image d’une fourche, le symbole du règne d’Antiochus. Des pièces trouvées à l’emplacement des fouilles étaient datées du règne d’Antiochus IV au règne d’Antiochos VII, décédé en 129 avant notre ère.

Ces trouvailles sont des « restes silencieuses des batailles qui ont eu lieu là à l’époque des Hasmonéens », la famille sacerdotale qui a mené la rébellion des Maccabées, ont précisé les archéologues.

Des pierres de fronde en plomb et des pointes de flèche en bronze estampilles Avec le symbole du règne de Antiochos IV, la preuve des tentatives pour conquérir la citadelle d'Acra dans la Cité de David de Jérusalem à l'époque des Maccabées. (Crédit : Clara Amit / Autorisation de la l'Autorité des Antiquités d'Israël)
Des pierres de fronde en plomb et des pointes de flèche en bronze estampilles Avec le symbole du règne de Antiochos IV, la preuve des tentatives pour conquérir la citadelle d’Acra dans la Cité de David de Jérusalem à l’époque des Maccabées. (Crédit : Clara Amit / Autorisation de la l’Autorité des Antiquités d’Israël)

La forteresse Acra est restée un bastion symbolique et stratégique de la puissance séleucide à Jérusalem jusqu’à ce qu’elle n’ait finalement été conquise par Simon Maccabée en 141 avant notre ère, après un long siège au cours duquel le souverain hasmonéen a essentiellement poussé les défenseurs grecs à la famine.

« Cette découverte sensationnelle nous permet pour la première fois de reconstruire l’aménagement de la population et l’apparence réelle de la ville à la veille de la révolte des Hasmonéens », se sont extasiés les responsables des fouilles Dr Doron Ben-Ami, Yana Tchekhanovets et Salomé Cohen.

« Les nouvelles découvertes archéologiques témoignent de la mise en place d’un bastion bien fortifié construit sur la haute falaise rocheuse donnant sur les pentes abruptes de la colline de la Cité de David », ont-ils expliqué.

« Ce bastion contrôlait tous les moyens d’approche au Temple et coupait le Temple de la partie sud de la ville. Les nombreuses pièces de monnaie datant du règne d’Antiochus IV [Épiphane] à celle d’Antiochus VII [Sidétès] et le grand nombre de pots de vin (amphores) qui ont été importés de la région égéenne à Jérusalem et ont été trouvés sur le site, témoigne de l’âge de la citadelle, ainsi que de l’identité non-juive de ses habitants ».

Des archéologues travaillant à proximité des vestiges de la citadelle et de la tour d'Acra dans la Cité de David à Jérusalem (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90)
Des archéologues travaillant à proximité des vestiges de la citadelle et de la tour d’Acra dans la Cité de David à Jérusalem (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90)
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