Pologne, (AFP) – Une centaine d’anciens déportés et près d’une soixantaine de députés israéliens de la Knesset ont rendu hommage aux victimes de l’Holocauste sur le site de l’ancien camp nazi d’Auschwitz-Birkenau, 69 ans après sa libération par les troupes soviétiques.

La plus grande délégation de la Knesset à s’être jamais rendue à l’étranger est passée à pied sous le portail portant l’inscription tristement célèbre « Arbeit macht frei » (Le travail rend libre), à l’entrée d’Auschwitz I, la partie la plus ancienne de ce camp installé par l’Allemagne nazie dans le sud de la Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale, a constaté une journaliste de l’AFP.

Parmi les personnalités du gouvernement : le Ministre de l’Economie Naftali Bennett, le ministre du Logement Uri Ariel, celui de l’Immigration Sofa Landver, et le ministre de la protection et de l’Environnement, Amir Peretz, étaient aux côtés des députés de la Knesset.

Vingt-quatre survivants de l’Holocauste et leurs familles, ainsi que 250 personnalités publiques issues entre autres de la Cour suprême, dont Eliakim Rubinstein et Avner Shalev.

Un million de Juifs européens ont été tués à Auschwitz-Birkenau, ainsi que 70.000 à 75.000 Polonais non juifs, 21.000 Tziganes, 15.000 prisonniers de guerre soviétiques et 10.000 à 15.000 autres prisonniers, selon les données du musée du camp.

Conduits par le chef de la majorité parlementaire Yariv Levin (Likoud) et le chef de l’opposition, Yitzhak Herzog (Avoda), les députés ont visité le musée du camp avec la nouvelle exposition sur la Shoah, inaugurée en mai dernier par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Le président de la Knesset Yuli Edelstein, qui devait représenter l’Etat d’Israël aux commémorations, a dû annuler sa venue en raison du décès de son épouse la semaine dernière.

Les cérémonies du 69ème anniversaire de la libération du camp ont commencé dans la matinée. Une centaine de survivants venus de différents pays ont déposé des fleurs au pied du Mur de la Mort, endroit où les nazis fusillaient les prisonniers.

Selon l’un des survivants, Jacek Zieliniewicz, 87 ans, qui assiste aux cérémonies de la libération du camp tous les ans, « certains rendent hommage à ceux qu’ils ont perdus ici, des amis, des codétenus ou des gens qu’ils n’ont pas connus ».

Des membres de la Knesset à l'entrée de l'ancien camp nazi d'Auschwitz-Birkenau le jour international de la Shoah, le 27 janvier 2014  (Crédit : AFP/Janek Skarzynski)

Des membres de la Knesset à l’entrée de l’ancien camp nazi d’Auschwitz-Birkenau le jour international de la Shoah, le 27 janvier 2014
(Crédit : AFP/Janek Skarzynski)

Les cérémonies les plus importantes devaient se dérouler dans l’après-midi sur le site de Birkenau, principal lieu d’extermination des Juifs, distant de trois kilomètres de celui d’Auschwitz I.

« Toutes les heures, un survivant meurt en Israël ou dans le monde. C’est pour cela qu’il est si important de les honorer avant qu’il ne soit trop tard », a déclaré Jonny Daniels, organisateur de la visite.

Les députés de la Knesset devaient rencontrer en début de soirée à Cracovie des élus polonais et des parlementaires venus d’autres pays.

Le 27 janvier, jour anniversaire de la libération du camp par l’armée soviétique en 1945, est depuis 2005 la Journée internationale consacrée à la mémoire des victimes de l’Holocauste.