Un haut responsable palestinien a appelé la communauté internationale à presser Israël de supprimer la détention sans inculpation ni jugement, en dénonçant le sort d’une centaine de détenus palestiniens en grève de la faim depuis le 24 avril.

« J’écris au nom de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et du président Mahmoud Abbas pour demander votre intervention immédiate au sujet des Palestiniens actuellement en grève de la faim dans les prisons israéliennes », écrit Saeb Erekat dans une lettre dont l’AFP a obtenu une copie mercredi.

« Nous vous appelons à demander à Israël d’abroger la politique de détention administrative et de conditionner l’approfondissement de vos liens bilatéraux avec Israël au respect par Israël de ces obligations ».

La détention administrative est une pratique héritée de l’époque du mandat britannique sur la région, qui permet de détenir une personne sans inculpation ni jugement en vertu d’ordonnances militaires renouvelables indéfiniment.

La lettre a été envoyée aux membres de l’Union européenne, au Brésil, à l’Afrique du Sud, à l’Inde et aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU.

Le service pénitentiaire israélien a indiqué à l’AFP que 250 détenus refusaient actuellement de s’alimenter, dont 90 depuis plus de six semaines, 75 étant hospitalisés.

Il a précisé que c’était la plus longue grève de la faim jamais observée par des Palestiniens détenus par Israël.

Quelque 5 000 Palestiniens sont actuellement emprisonnés en Israël, dont près de 200 en détention administrative.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a appelé vendredi Israël à inculper ou libérer ces détenus retenus sans charge.

Le gouvernement israélien cherche parallèlement à faire passer une loi qui autoriserait à alimenter de force les prisonniers palestiniens en grève de la faim.

Le Parlement a approuvé lundi ce texte en première lecture, mais une série de débats et de votes sont encore nécessaires pour qu’il ait force de loi.

Le projet a été dénoncé par les députés de gauche, libéraux et arabes, mais aussi par l’Ordre des médecins israélien, qui a appelé dans une lettre la ministre de la Justice Tzipi Livni à bloquer le texte.

L’Ordre des médecins estime que ce projet serait « en totale contradiction avec l’éthique médicale » au niveau internationale.

L’alimentation forcée représente un « danger » pour la santé des grévistes de la faim, souligne-t-il, ajoutant : « Nous ne pouvons accepter une loi qui place les médecins dans une bataille dont ils ne devraient pas faire partie, en violation complète de leurs devoirs professionnels et éthiques ».