Le 16 février 1992, un hélicoptère apache israélien a pisté la voiture du chef du Hezbollah Abbas Moussawi et a lancé un missile, le tuant lui, sa femme, son fils et quatre autres personnes. Cela a été considéré comme le premier assassinat d’Israël par hélicoptère.

L’opération n’était pas totalement préparée. Elle a commencé comme un travail de renseignement et s’est rapidement transformée en assassinat ciblé.

On ne sait pas encore exactement si cela a eu lieu également dans la ville de Mazrat Amal, près de Quneitra dimanche lorsqu’un hélicoptère israélien a attaqué le convoi d’un responsable iranien et dirigeant du Hezbollah, tuant le fils d’Imad Mughnieyeh, le commandant des opérations militaires du Hezbollah assassiné ; Mohammed Issa, un commandant du Hezbollah responsable de l’organisation des opérations en Syrie et en Irak, et Ali Reza al-Tabatabai, un conseiller iranien du Hezbollah, parmi d’autres, selon les informations.

« Je ne crois pas que c’était un assassinat ciblé », explique le professeur Shlomo Shpiro, chef du département des Etudes politiques à l’Université Bar-Ilan et ancien chercheur au Centre pour les Etudes stratégiques de Begin-Sadat.

Cela semble plutôt une action préventive visant à contrecarrer une attaque qui était en train de se préparer, déclare-t-il. « Le plateau du Golan est déjà assez sensible sans ce genre de choses », a-t-il déclaré.

Il suggère que les commandants haut gradés du Hezbollah devaient être en patrouille, dans le cadre d’une reconnaissance de pré-opération, et que la situation devait être semblable à celle où un avion de chasse syrien aurait franchi l’espace aérien israélien, qui constitue une menace trop proche et trop grave pour être ignorée.

En effet, une « source de sécurité occidentale », largement citée dans les médias israéliens après l’attaque, a déclaré que le commandant du Hezbollah Jihad Mughniyeh préparait des attaques sur le Golan et en « avait même quelques unes dans le chargeur ».

Beaucoup de l’attention initiale de l’attaque entourait Mughniyeh, le fils de l’ancien commandant en chef Imad Mughniyeh, qui avait été tué dans une opération israélienne en 2008. Jihad Mughniyeh était proche du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah et on pensait qu’il avait reçu le commandement des forces du Hezbollah sur le plateau du Golan syrien l’année dernière.

Un commentateur spécialiste du monde arabe sur la Dixième chaîne l’a qualifié « d’enfant ordinateur », élevé dans les meilleures écoles, et qui n’avait aucune capacité de commandement.

Yoram Schweitzer, chef du groupe de réflexion INSS sur le terrorisme et ancien chef de la section anti-terroriste internationale de l’armée, a déclaré qu’il était « impliqué de manière opérationnelle » dans l’action du Hezbollah sur la frontière syrienne.

Plus tard, pourtant, il est apparu que parmi les neuf tués, peut-être la plus lourde perte du Hezbollah depuis 2006 de la main d’Israël, se trouvaient Tabatabai et Muhammad Issa, des commandants beaucoup plus expérimentés.

Shpiro considère qu’il ne fait « aucun doute » que le Hezbollah répondra. Il ignore si la réponse se fera sous la forme tir de missiles sur le centre d’Israël – ce qui entraînerait une guerre – ou par une attaque mortelle contre des Juifs innocents à l’étranger.

En 1992, après l’assassinat de Mussawi, le Hezbollah avait fait exploser l’ambassade israélienne en Argentine, tuant 29 personnes. Deux ans plus tard, l’organisation avait de nouveau frappé en tuant 85 personnes dans un bâtiment juif de l’AMIA à Buenos Aires.

« Je n’étais pas suffisamment au courant du degré de réponse possible en Argentine, un élément qui aurait conduit, cela semble évident, à penser plus attentivement encore la décision de mener la mission », a déclaré le chef de l’intelligence militaire de l’époque le Général Major Uri Saguy au quotidien Yedioth Ahronoth en 2009.

Un universitaire spécialiste de longue date du Hezbollah a déclaré que le Hezbollah avait récemment condamné l’attaque parisienne des journalistes de Charlie Hebdo. Il doute qu’une opération du type de Buenos Aires soit possible.

« La guerre est dans les médias », explique-t-il, supposant que l’organisation chercherait probablement une riposte loin de l’Europe, « dans notre région » qui dépasserait l’Etat islamique et aurait la légitimité de la « muqawama », la « résistance ».

Schweitzer, lui aussi, ne s’attend pas à une réponse totale. Une riposte forte depuis le Liban serait « la chose la plus dangereuse à faire pour l’organisation », explique-t-il parce que cela impliquerait un nouveau front dont le Hezbollah ne veut pas actuellement.

Après plusieurs tentatives manquées de venger l’assassinat d’Imad Mughniyeh, qui a été tué par Israël à Damas en 2008, et maintenant l’assassinat de son fils, le Hezbollah dispose de plusieurs réponses possibles. « Même si l’organisation ne répond pas immédiatement, explique Schweitzer, ils tiennent des comptes précis de tout cela. »