Un responsable israélien a confirmé jeudi le contenu de l’article du Times of Israel de lundi qui expliquait que le ministère de l’Intérieur israélien a interdit à 26 chrétiens du Moyen Orient de participer à une conférence à Jérusalem par négligence et par ignorance institutionnelle plus que pour des raisons de sécurité ou d’incompatibilité procédurale.

« Le comportement du ministère de l’Intérieur montre un manque de compréhension des besoins des minorités, en particulier des chrétiens, de venir en Terre Sainte à des fins
religieuses », a déclaré le fonctionnaire.

« C’est triste que cela se soit passé une semaine avant que tout le pays commence à se préparer à la visite du pape » a-t-il indiqué.

Il ajoute que la « politique du malentendu » et le « manque de volonté » pour traiter les demandes de visa des pèlerins chrétiens du Moyen Orient et d’autres pays en développement nuisent à la fois aux chrétiens à l’étranger et ceux qui vivent ici dont beaucoup envoient leurs fils servir dans l’armée.

Le « Carrefour 2014 », dirigé par le vicaire David Pileggi, à la tête de l’Église du Christ de Jérusalem, la plus ancienne église protestante du Moyen Orient [une église avec des idées
« sionistes » qui précèdent Theodor Herzl] devait accueillir 100 chrétiens d’Egypte, de Jordanie et d’Irak (ainsi que plusieurs réfugiés arméniens et iraniens). Le « Vicaire de Bagdad », Andrew White, était l’invité d’honneur de cet événement.

Quarante des participants avaient besoin de visas d’entrée en Israël.

Même si Pileggi avait soumis les demandes de visa sept semaines à l’avance et a déclaré dans une entrevue qu’il pourrait se porter garant pour tous ses invités, seulement 20 visas ont été délivrés – sous la pression et seulement 48 heures avant le début de la conférence.

Six Iraniens convertis au christianisme, tous des citoyens britanniques et qui donc n’avaient pas besoin d’un visa, ont été arrêtés à l’aéroport international Ben Gurion et expulsés quelques jours plus tard.

Le fonctionnaire a déclaré que ce n’était pas raisonnable qu’Israël – qui a réussi à établir un système pour que 10 000 de ses citoyens musulmans puissent quitter le pays chaque année via la Jordanie, recevoir un passeport à utilisation unique du royaume hachémite, et voyager à la Mecque pour accomplir leur obligation religieuse de le hajj dans un pays ennemi – « mais en même temps empêche les chrétiens du Moyen Orient de venir en Terre sainte ».

Un porte-parole de l’Autorité de la population et des migrations du ministère de l’Intérieur a déclaré au Times of Israel, en réponse aux plaintes initiales, que « leur entrée n’a pas été refusée, mais plutôt leur demande de le faire comme un groupe de touristes, car les groupes de touristes font l’objet de réglementations différentes et ils n’entraient pas dans le cadre de ces règlements. »

« Il leur a été expliqué depuis le début qu’ils devaient présenter des demandes standard… mais ils ont continué à traiter avec le département de voyage en groupe ».

Le fonctionnaire anonyme, faisant écho à une déclaration de Pileggi, a qualifié l’explication d’« absurde ».

En outre, a-t-il continué, citer des problèmes de sécurité pour ne pas leur permettre d’entrer en Israël est dans ce cas « utiliser le nom de la sécurité en vain ».

Il explique qu’il comprend la situation sécuritaire « et n’accepte toujours pas que ce soit le problème ».

Plusieurs agences de voyages qui s’occupent du tourisme chrétien des pays en développement ont jusqu’à présent refusé de parler à découvert de la difficulté d’obtenir des visas, citant de possibles représailles des autorités.

« Traiter [les demandes de visa pour les Arabes chrétiens] », a déclaré un agent de voyages qui a refusé d’être identifié, « est un
cauchemar ».