Le corps d’une Israélienne qui a été tuée dans l’attaque au camion bélier du marché de Noël de Berlin il y a quatre jours a été identifié mercredi soir, mettant fin aux recherches des autorités et au mince espoir qu’elle fasse partie des blessés qui n’ont pas encore été identifiés.

La famille de Dalia Elyakim, 60 ans, a été informée dans la nuit qu’elle était bien l’une des 12 personnes tuées dans l’attaque, a annoncé jeudi matin le ministère israélien des Affaires étrangères. Son corps sera rapatrié en Israël pour qu’elle y soit enterrée, a annoncé une porte-parole du ministère.

Son mari, qui a été grièvement blessé pendant l’attaque, est Rami Elyakim, 60 ans.

Le couple était en voyage à Berlin, ils habitent à Herzliya, au nord de Tel Aviv.

Le fils et la fille d’Elyakim sont arrivés à Berlin dans la nuit de mardi à mercredi pour aider aux recherches de leur mère et rendre visite à leur père.

Le président Reuven Rivlin a déclaré avoir appris la nouvelle de la mort d’Elyakim « avec une grande tristesse. »

« Je transmets ma sympathie et souhaite de la force à sa famille, qui est au chevet de son mari, Rami, qui a été grièvement blessé dans l’attaque, et nous prions pour son prompt rétablissement, a déclaré Rivlin dans un communiqué. Nous resterons unis et déterminés face à ce terrorisme meurtrier qui frappe le monde entier, et nous combattrons sans relâche contre l’extrémisme et la haine. »

La scène d'une attaque terroriste au camion bélier dans un marché de Noël de Berlin, vue le lendemain, le 20 décembre 2016. (Crédit : Odd Andersen/AFP)

La scène d’une attaque terroriste au camion bélier dans un marché de Noël de Berlin, vue le lendemain, le 20 décembre 2016. (Crédit : Odd Andersen/AFP)

En plus des 12 morts, 48 personnes ont été blessées par un camion qui a frappé la foule la veille, percutant les stands de bois et écrasant les victimes dans une scène rappelant l’attaque mortelle du 14 juillet dernier à Nice, dans le sud de la France.

Des sources de l’ambassade allemande avaient déclaré mardi à la presse israélienne qu’ils espéraient toujours retrouver Elyakim vivante, mais qu’ils devaient aussi vérifier les morgues et exclure la possibilité qu’elle se trouve parmi les morts.

Le camion a frappé le populaire marché de Noël de l’église de Souvenir lundi, alors que touristes et habitants appréciaient une soirée traditionnelle des jours précédant Noël près de la station du Zoo de Berlin.

Mardi, la chancelière allemande Angela Merkel a annoncé que les autorités pensaient que l’attaque mortelle était un attentat terroriste. Elles ont été sévèrement critiquées mercredi quand il a été appris que le principal suspect, un Tunisien dont la demande d’asile avait été refusée, était déjà connu comme un jihadiste potentiellement dangereux.

Les procureurs allemands ont émis un mandat d’arrêt européen pour Anis Amri, 24 ans, offrant 100 000 euros de récompenses pour toute information menant à son arrestation, et prévenant qu’il est « peut être violent et armé. »

Des papiers de demandeur d’asile qui appartiendraient à Amri, qui serait lié à la scène islamiste radicale, ont été retrouvés dans la cabine du poids-lourd de 40 tonnes.

Anis Amri, principal suspect de l'attentat au camion bélier de Berlin du 19 décembre 2016. (Crédit : capture d'écran Twitter)

Anis Amri, principal suspect de l’attentat au camion bélier de Berlin du 19 décembre 2016. (Crédit : capture d’écran Twitter)

La police a perquisitionné mercredi un centre de réfugiés d’Emmerich, en Allemagne de l’Ouest, où Amri a habité il y a quelques mois, ainsi que deux appartements de Berlin, ont annoncé les médias.

Alors que la chasse à l’homme européenne s’intensifiait, des questions étaient également posées sur la manière dont le suspect avait pu échapper à l’arrestation et à l’expulsion, alors qu’il avait été repéré par plusieurs agences de sécurité.

« Les autorités l’ont dans le viseur, et il réussit quand même à s’évanouir », a écrit l’hebdomadaire Der Spiegel sur son site internet.

Le Süddeutsche Zeitung a critiqué la police, qui a perdu du temps en se concentrant sur un suspect pakistanais juste après l’attentat, ce qui s’est trouvé être une fausse piste.

« Il a fallu du temps avant que la police fédérale n’envisage Amri comme suspect », a-t-il écrit.

L’attentat, le plus mortel en Allemagne depuis des années, a été revendiqué par le groupe Etat islamique.

L’Allemagne a renforcé ses mesures de sécurité suite au carnage, en augmentant la présence policière dans les gares, les aéroports, et à ses frontières avec la Pologne et la France.