La chaîne de l’Etat iranien en langue anglaise, Press TV, a suspendu deux cadres après que la journaliste Sheena Shirani, a publié cette semaine un échange de messages et un enregistrement de son patron, Hamid Reza Emadi, exigeant des faveurs sexuelles de sa part.

Shirani, une mère divorcée, aurait fui le pays avec son fils après avoir décrit le harcèlement sexuel qu’elle a subi de la part de son employeur sur Facebook.

Elle a également publié un enregistrement d’une conversation au cours de laquelle Emadi, le rédacteur en chef de l’information de la chaîne, lui demande du sexe au téléphone. A la fin de la conversation téléphonique, on l’entend lui demander d’avoir des rapports sexuels par téléphone avec lui.

Dans l’enregistrement, Emadi insiste sur le fait qu’il a « toujours aidé » Shirani, et la supplie d » pratiquer du sexe au téléphone avec lui « juste pour cinq minutes », après lui avoir dit qu’il était étendu sur son lit, nu.

Shirani a également publié des captures d’écran de messages explicites qu’Emadi lui a envoyés. Sur l’une des photos – un selfie – Emadi se décrit comme un patron « chaud » et « pervers ».

Emadi a continué à faire ses avances explicites malgré le fait que Shirani l’a supplié de la laisser tranquille.

Le deuxième homme qui a été suspendu par la chaîne d’informations est Payam Afshar, qui un directeur de studio. Shirani a décrit comment Afshar a encouragé d’autres collègues de travail à signaler qu’elle était une mère célibataire, un statut qui stigmatise socialement en Iran.

Shirani a commencé à travailler à Press TV en 2007, d’abord en tant qu’éditrice. Elle est ensuite devenue une productrice et s’est finalement hissée au poste de présentatrice jusqu’à ce que l’incident avec Emadi ait été rendu public.

La journaliste iranienne Sheena Shirani, 32 ans, est entrée dans la clandestinité après avoir révélé les abus qu'elle a subi sur son lieu de travail, la chaîne d'information gérée par l'Etat iranien Press TV (Crédit : Facebook)

La journaliste iranienne Sheena Shirani, 32 ans, est entrée dans la clandestinité après avoir révélé les abus qu’elle a subi sur son lieu de travail, la chaîne d’information gérée par l’Etat iranien Press TV (Crédit : Facebook)

Cela n’est pas la première fois que le nom de Emadi est lié à la controverse.

En 2013, il a été mis sur la liste des personnes sanctionnées pour des violations des droits de l’Homme édictées par la Cour européenne de justice de l’Union européenne, après que Press TV ait diffusé les aveux obtenus par la force de détenus torturés.

Maziar Bahari, un journaliste et un documentariste iranien, a identifié Emadi comme l’homme qui l’a forcé à faire de faux aveux alors qu’il était emprisonné en 2009.

Press TV, dans un communiqué publié sur son site Internet perse, n’a pas identifié les deux responsables suspendus.

Le harcèlement sexuel n’a pas été mentionné et la déclaration souligne que la publication de l’enregistrement a été faite « avec la coopération de l’opposition au régime » afin de nuire au système politique de l’Iran.