Une journaliste qui avait essuyé des insultes antisémites de la part de partisans de Donald Trump pendant la campagne présidentielle américaine a été renvoyée du site d’information Politico après avoir tweeté une plaisanterie vulgaire sur le président élu et sa fille Ivanka.

Julia Ioffe a écrit dans un tweet – ultérieurement supprimé – dans la matinée de mercredi que “soit Trump couche avec sa fille, soit il se soustrait à des lois en flirtant avec le népotisme. Qu’est-ce qu’il est le pire ?” en réponse à un article disant qu’Ivanka pourrait bénéficier du bureau destiné à la Première Dame à la Maison Blanche.

Ioffe, qui avait déjà prévu de quitter Politico pour The Atlantic, a été renvoyée peu après.

Le rédacteur en chef de Politico John Harris et la rédactrice Carrie Budoff Brown ont expliqué aux employés que “ce type de comportement était peu toléré” et qu’”il n’a aucune valeur pour nos lecteurs et ne devrait aucunement avoir sa place dans notre travail ».

“Les opinions gratuites n’ont leur place nulle part ni à aucun moment – ni sur votre fil Facebook, ni sur votre fil Twitter, ni ailleurs. Cela a absolument aucune valeur pour nos lecteurs et cela ne devrait avoir aucune place dans notre travail », ont écrit John Harris et Carrie Budoff Brown dans une lettre adressée au personnel.

“Nous avons accéléré la rupture de notre contrat de contributrice à Politico d’Ioffe. Elle prend effet immédiatement », ont-ils ajouté.

https://twitter.com/ErikWemple/status/809165094345179137/photo/1?ref_src=twsrc%5Etfw

The Atlantic a écrit en réponse au tweet d’Ioffe et à la nouvelle de son renvoi de Politico en disant qu’elle “a fait une erreur aujourd’hui sur Twitter qu’elle regrette, et pour laquelle elle a fait des excuses publiques. Nous avons la conviction que lorsqu’elle rejoindra The Atlantic le mois prochain, elle adhérera à nos normes”.

Ioffe a tenté de rattraper ses propos dans la journée, écrivant dans une série de posts sur Twitter qu’elle “regrette sa formule et présente ses excuses à ce sujet” et que “c’était une mauvaise blague que je regrette sincèrement”.

Elle a toutefois écrit que “nous avons un président élu qui a rendu populaire le fait de dire ‘tout haut ce que tout le monde pense’, mais je suppose que ma formulation aurait pu être plus délicate”.

Ioffe, qui est juive, avait reçu un grand nombre de tweets, de courriels antisémites et même des menaces téléphoniques durant la campagne à la présidence américaine de la part de partisans de Trump après avoir écrit un article critiquant l’épouse du président élu, Mélanie Trump.

“C’est troublant », avait indiqué Ioffe au Guardian au mois d’avril. “J’ai commencé la journée en tentant de les prendre de façon humoristique mais en fin de compte, après quelques coups de téléphone comme celui-là, avec des gens qui vous jouent des extraits des discours d’Hitler et l’imagerie qui va avec, avec des gens qui me disent que mon visage aurait belle allure sur un abat-jour, c’est difficile d’en rire ».

Julia Ioffe sur CNN en septembre 2013. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Julia Ioffe sur CNN en septembre 2013. (Crédit : capture d’écran YouTube)

“Si c’est ainsi que les partisans de Trump entrent en action, qu’est-ce qu’il va arriver lorsque la presse s’intéressera à des accords corrompus, par exemple, ou si elle critique ses politiques ? “

Ioffe, née dans l’ancienne Union Soviétique, avait qualifié les réponses à son article « d’horreurs antisémites que je n’avais jusqu’alors jamais entendu qu’en Russie ».

Le harcèlement subi par Ioffe et d’autres journalistes avait amené l’ADL (Anti-Defamation League) à former un groupe de travail au mois de juin pour enquêter sur le sujet.