Un soldat israélien religieux a été attaqué mardi soir par une foule de Juifs ultra-orthodoxes, pendant un rassemblement de soutien à deux déserteurs de la communauté qui, après une brève permission, ont été reconduits à la prison militaire par une limousine blanche.

Mardi, des dizaines de manifestants ont jeté des ordures et insulté le soldat, qui portait une kippa, pendant que des centaines de personnes le poursuivaient dans une rue du carrefour Bar Ilan de Jérusalem.

Le soldat est sorti indemne de l’incident. Selon la Deuxième chaîne, la police n’a effectué aucune arrestation liée à cette agression.

Une vidéo de l’attaque montre le soldat poursuivi par des dizaines de bruyants manifestants.

L’arrestation et l’emprisonnement de déserteurs ultra-orthodoxes a provoqué des tensions dans la communauté, et plusieurs grandes manifestations contre l’enrôlement des ultra-orthodoxes dans l’armée ont été l’occasion d’affrontements entre les manifestants et la police.

Les soldats israéliens en permission qui sont entrés dans des quartiers ultra-orthodoxes ont aussi été attaqués à plusieurs reprises.

La Deuxième chaîne a annoncé que c’était la quatrième fois que des soldats israéliens étaient attaqués par des manifestants ultra-orthodoxes en deux jours.

La manifestation, organisée à la fin du premier jour de la fête de Pessah, qui dure une semaine, a réuni des milliers des personnes. Elle était organisée par « la Faction de Jérusalem », une association qui proteste contre l’enrôlement des ultra-orthodoxes dans l’armée israélienne.

Elle avait pour objectif de marquer le retour en prison de deux déserteurs, étudiants en yeshiva, Yisraël Meir Toledano et Tsvi Dov Freidman, qui ont obtenu une permission de la prison militaire pour passer le seder du premier soir de Pessah avec leurs familles. Pendant la manifestation, les deux hommes et leurs familles ont été conduits dans une limousine blanche, louée par la Faction de Jérusalem.

La police utilise un canon à eau pour disperser les manifestants ultra-orthodoxes à Jérusalem, le 23 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La police utilise un canon à eau pour disperser les manifestants ultra-orthodoxes à Jérusalem, le 23 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ce mois-ci, Toledano a été condamné à 56 jours de prison pour ne pas s’être présenté au bureau de recrutement de l’armée. Son arrestation, il y a environ un mois, a déclenché des manifestations, dont certaines ont été violentes.

Les manifestants ont bloqué des routes et jeté des pierres et d’autres objets contre les policiers pendant les défilés, organisés dans les quartiers ultra-orthodoxes de Jérusalem et de la ville voisine de Beit Shemesh. Plusieurs policiers ont été blessés et des dizaines de manifestants arrêtées. Le chef spirituel de Toledano, le rabbin Shmuel Auerbach, a encouragé les manifestations contre son arrestation.

Les ultra-orthodoxes, appelés aussi Haredim, sont généralement exemptés du service militaire obligatoire s’ils étudient dans des yeshivas, même si ce sujet fait débat parmi les Israéliens, et qu’il a été tenté de revenir sur cette exemption, qui date des premiers jours de l’Etat.

Dans tous les cas, les étudiants ultra-orthodoxes appelés à s’enrôler doivent se présenter au bureau de recrutement pour demander une exemption.

Certains rabbins extrémistes, dont Auerbach, interdisent à leurs fidèles de se présenter au bureau. Ceux qui agissent ainsi sont considérés comme des déserteurs et peuvent être condamnés à la prison militaire.