La police a arrêté mardi une femme ultra-orthodoxe pour avoir refusé d’accepter le divorce religieux de son mari et l’a détenue pendant deux jours.

La femme, dont le nom n’a pas été révélé et qu’on désigne par son initiale G. , et son mari se sont séparés et ont entamé une procédure de divorce il y a quatre ans, mais leur cas n’est actif que depuis quatre mois.

Ils vivent tous deux à Jérusalem et ont sept enfants, dont l’un est handicapé, rapporte le site israélien d’information Ynet.

Des maris qui refusent d’accorder un divorce religieux [guet] sont chose commune, mais l’inverse est plus rare alors que les rabbins ne peuvent contourner le refus d’une femme et valider un divorce sans son accord.

Le tribunal rabbinique a le pouvoir d’imposer des amendes ou même d’imposer des peines d’emprisonnement aux personnes qui refusent de coopérer dans les divorces.

La police agit sur ordre du tribunal rabbinique, qui a demandé l’arrestation de la femme après qu’elle ait omis de comparaître devant la cour.

Cependant, le centre Rackman pour la promotion de la femme, qui a pris le cas de la femme pro bono, affirme qu’elle ne s’est pas rendue à l’audience, puisqu’elle venait de rentrer chez elle après avoir subi une operation chirurgicale et avait envoyé un certificat médicale à la cour.

Des policiers ont arrêté la femme quelques jours après son opération, et en chemin vers la prison de Névé Tirza près de Ramle, elle a commencé à se sentir mal.

Elle a été transferée au centre médical Shaare Zedek à Jérusalem, où des policiers l’ont menottée à son lit d’hôpital pendant presque une journée entière, une mesure qui est en contradiction avec les lignes directrices de 2011 du service pénitentiaire israélien ainsi qu’aux directives éthiques des syndicats de médecins et d’infirmières.

Le mandat d’arrêt semble également aller à l’encontre d’une décision du tribunal de la famille qui permet à une femme de différer l’acceptation du guet jusqu’au partage des biens du couple.

G. a été libérée jeudi après-midi.

« Un cas difficile comme celui-ci prouve encore une fois les conséquences dévastatrices de juridictions concurrentes dans l’État d’Israël, » a déclaré à Ynet la deputée Aliza Lavie (Yesh Atid).

Selon le Centre Rackman, son mari est un entrepreneur, propriétaire de six appartements et, selon une décision du tribunal de la famille qui a été rendue il y a deux ans, est censé lui donner l’un d’eux et de payer son prêt hypothécaire.

Vered Swid, directrice de l’Autorité pour la promotion de la femme, un organisme géré par l’Etat, est venu rendre visite G à l’hôpital et « a été choquée de trouver une femme enchaînée avec des menottes à son lit. Une femme qui n’était pas un voleur, pas un assassin, ni un violeur. Peu de violeurs que j’ai vus ont été menottés à leur lit d’hôpital ».

Swid continua ainsi, « Je ne comprends pas le processus qui permet à une femme dans sa condition d’être enchaînée à un lit, avec au moins de deux policiers autour d’elle »

Suite a la divulgation des informations et des photos, la police lui a finalement enlevé les menottes mercredi après-midi.

Le tribunal religieux a répondu aux questions, en déclarant : « Elle peut être libérée sous caution et faire appel de la décision de son tribunal régional. »

Buba Levi et Galit Nahum, directrices et fondatrices du groupe The Feminine Voice, ont pris fait et cause pour G. et dit : « Comment est-il possible qu’en Israël en 2015, une femme puisse être envoyée en prison après que le père ait cessé de payer la pension alimentaire pour son enfant handicapé, malgré une décision de justice ? »

« Nous avons ici une chaîne de défaillances que nous devons étudier de sorte que quelque chose de similaire n’arrive jamais à une autre femme dans l’Etat d’Israël », a déclaré Swid.

La directrice du Centre Rackman, Professeur Ruth Halperin-Kaddari, a déclaré, « Nous travaillons dur pour empêcher son retour en prison et parvenir à une conclusion rapide à cette affaire ».