La nouvelle ministre du Tourisme tunisien a soumis sa démission quelques heures après que le gouvernement intérimaire du pays soit assermenté, mercredi 29 janvier.

En effet, elle s’est trouvée victime de critiques, pour une visite rendue en Israël en 2006, lors de la session parlementaire pendant laquelle le gouvernement intérimaire a été approuvé.

Le nouveau gouvernement technocrate de la nation, dirigé par le Premier ministre Mehdi Jomaa, remplace l’administration islamique selon un accord pour mettre fin aux troubles politiques le temps de préparer de nouvelles élections.

Durant la très longue session parlementaire qui devait approuver le nouveau gouvernement, Amel Karboul a été réprimandée pour son voyage en Israël.

Le Premier ministre a défendu Amel Karboul, disant qu’elle était partie pour participer à un programme de l’ONU pour la jeunesse palestinienne mais qu’elle avait dû rebrousser chemin aussitôt, après avoir été interrogée pendant des heures par le personnel de sécurité israélien.

Mais Mme Karboul a tout de même décidé de soumettre sa démission, déclarant que « c’est au Premier ministre de décider d’accepter ma démission ou non. » Aucune décision n’a encore été annoncée.

Amel Karboul dit que son seul but est de servir le peuple tunisien. « Malgré les difficultés, il y a tellement d’opportunités à saisir pour le développement et la prospérité de la Tunisie, » dit-elle, ajoutant qu’ « en principe je ne suis jamais vraiment rentrée en Israël après avoir subi un interrogatoire de quatre heures à l’aéroport Ben Gurion, juste parce que je suis arabe et musulmane. »

En s’adressant au parlement lors du vote pour sa liste, Mehdi Jomaa a réitéré que sa priorité est d’arriver à des élections libres.

Il a aussi déclaré que, dans les prochains mois, son cabinet traiterait de la menace que pose le nombre grandissant de groupes djihadistes et de l’importante tension sociale due au chômage.

AFP a contribué à ce rapport.