Une municipalité espagnole cède au BDS et annule un match de water-polo
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Une municipalité espagnole cède au BDS et annule un match de water-polo

L'équipe féminine a appris que la ville de Molins de Rei s'est retirée de l'organisation d'un match préliminaire au championnat mondial de water-polo

L'équipe féminine israélienne de water-polo, à Barcelone, le 5 novembre 2018. (Crédit : Matan Schwartz/Israeli Water Polo Association)
L'équipe féminine israélienne de water-polo, à Barcelone, le 5 novembre 2018. (Crédit : Matan Schwartz/Israeli Water Polo Association)

Un match de water-polo féminin opposant l’équipe israélienne à l’équipe espagnole s’est retrouvé sans terrain lundi après qu’une municipalité espagnole, censée accueillir l’évènement sportif, a cédé à la pression de militants en faveur du boycott contre Israël.

Ce n’est qu’après son arrivée à Barcelone que l’équipe israélienne a appris que la municipalité de Molins de Rei, située à 18 kilomètres du centre-ville, a décidé de ne pas organiser le match comme prévu.

Initialement prévu mardi, le match fait partie d’un tournoi préliminaire au championnat mondial de water-polo.

Revital Cohen Gluska, la présidente de la fédération israélienne de water-polo, a déclaré à la Dixième chaîne que l’ambassade israélienne en Espagne lui a annoncé que le match avait été annulé à cause du mouvement pro-palestinien Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS).

« On m’a d’abord dit qu’il y avait des problèmes d’ordre politique », a-t-elle dit.  « J’ai pensé qu’il s’agissait d’un problème interne. Mais ensuite l’ambassade en Espagne m’a contactée et m’a dit que le conseil municipal avait cédé à la pression du BDS. »

« J’espère qu’ils ne nous transfèrent pas dans une piscine d’entraînement », a ajouté Cohen. « Nous n’avons pas peur d’une foule hostile. Nous sommes venus faire du sport, pas de la politique. »

La ministre de la Culture et des Sports, Miri Regev, s’exprime dans une conférence de presse des bureaux du ministère à Tel Aviv, le 6 juin 2018. (Yossi Zeliger / Flash90)

La ministre de la Culture et des Sports Miri Regev a contacté son homologue espagnol pour lui demander de s’assurer que le match puisse avoir lieu.

« Faites ce qu’il faut pour que la ville de Molins agisse conformément à la charte olympique et empêchez le mouvement BDS de bloquer la tenue d’un jeu », a-t-elle dit. « Prenez également des mesures pour protéger le bien-être et la sécurité des sportives israéliennes. »

Le directeur du Comité olympique espagnol, Alejandro Blanco Bravo, s’est excusé par téléphone et le maire de Molins a également tweeté ses excuses pour la gêne occasionnée, a déclaré Cohen.

Mardi matin, l’équipe ne savait toujours pas si le match aurait lieu ou non, selon les médias israéliens.

Israël devrait accueillir à domicile les matchs contre les autres membres de son groupe, à savoir la Grèce, l’Espagne et la Russie.

La Fédération espagnole de natation (RFEN) a annoncé que le match aurait finalement lieu à huis clos dans un centre sportif de Sant Cugat del Vallès, en périphérie de Barcelone.

« Nous voulons toujours veiller à la sécurité des compétitions internationales (…) et que seul le spectacle sportif importe, au-delà de toute autre considération », assure dans un communiqué la fédération qui assure avoir pris la décision d’un commun accord avec la délégation israélienne.

Peu avant, le Comité olympique israélien avait dénoncé une « discrimination » contre sa délégation dans une lettre de son président Julio Maglion à son homologue espagnol Alejandro Blanco consultée par l’AFP.

« Je crois que, quand un pays organisateur discrimine des athlètes d’un autre pays pour des motifs de race, de religion, de genre ou d’opinion politique, ce pays perd le droit à accueillir tout type de compétition sportive », écrivait-il.

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