Quelques centaines de personnes, dont des représentants de la communauté juive de France et des hommes politiques, se sont rassemblées dimanche soir à Paris pour rendre hommage aux victimes de la fusillade au Musée juif de Bruxelles et crier leur colère.

« Les juifs sont dans la rue, les juifs sont en colère, les juifs sont inquiets, mais ils sont debout », a lancé le président du consistoire israélite de France Joël Mergui.

Plusieurs orateurs rassemblés devant l’ambassade de Belgique, dont Serge Klarsfeld, président de l’Association des Fils et Filles des Déportés Juifs de France, ont dénoncé la montée de l’antisémitisme en Europe, par laquelle ils s’expliquent l’attaque de Bruxelles ayant fait quatre morts.

« Les juifs quittent l’Europe pour aller en Israël ou aux États-Unis ou ailleurs », a-t-il dit. « L’expérience de la Seconde guerre mondiale montre que la seule solution possible c’est de partir, sinon on meurt. »

Pour l’écrivain Marek Halter « on dirait que l’extrême droite et les djihadistes se donnent la main et se nourrissent l’un l’autre, dans un refus des institutions républicaines. Tous ceux qui veulent s’attaquer à la démocratie commencent par s’attaquer aux plus vulnérables… », a-t-il ajouté, comparant les Juifs à un « thermomètre de l’humanité ».

La justice belge a diffusé dimanche des vidéos et des photos montrant l’auteur de l’attaque contre le Musée juif de Bruxelles, qui a fait quatre morts, dont deux touristes israéliens et une Française, et fait resurgir le spectre de l’antisémitisme.

« La priorité des priorités est de retrouver cet homme. On doit l’arrêter et l’empêcher de sévir », a déclaré la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet. « Il faut rassurer les personnes de la communauté juive », a-t-elle ajouté, après avoir renforcé au niveau 4, le plus élevé, la sécurité des synagogues, des écoles et des centres culturels juifs.

Inédite dans l’histoire récente de la Belgique, cette fusillade a été unanimement condamnée dans ce pays, où elle a « assombri » la journée électorale, selon le Premier ministre Elio Di Rupo. Elle « est dans la tête de tous les citoyens » appelés à un triple scrutin législatif, régional et européen.