Un jour après l’audition par la police d’une étudiante ayant réalisé une image représentant le Premier ministre Benjamin Netanyahu derrière un nœud coulant, une nouvelle représentation est apparue mercredi à l’Académie Bezalel d’arts et de design de Jérusalem.

Ce nouveau dessin représente Netanyahu nu, avec un nœud coulant autour des organes génitaux, et les mots « Est-ce que ça va comme ça, Procureur général ? » barrant l’image.

L’image de Netanyahu avec une corde provenait d’une œuvre d’art plus importante qui faisait référence aux manifestations contre Yitzhak Rabin dans les jours qui ont précédé son assassinat en 1995.

Les Jeunes du Likud ont appelé mercredi à la fermeture de l’Académie artistique Bezalel après la publication du deuxième dessin.

« Nous cherchons des moyens créatifs de décrire les [images] écœurantes qui déferlent depuis Bezalel ces derniers jours, et devons admettre que c’est un peu difficile pour nous. Il semble que certains étudiants de Bezalel aient fait une confusion entre la liberté d’expression et l’art de l’incitation évidente » à la violence, a déclaré David Shain, président des Jeunes du Likud, selon la Deuxième chaîne.

« Une institution académique qui soutient ce genre d’incitations [à la haine] basses et perverses n’a aucun droit d’exister, a déclaré Shain. Nous exhortons les autorités à agir rapidement contre les instigateurs, et à fermer les portes de Bezalel en attendant une clarification totale. Agissez aujourd’hui avant qu’il ne soit trop tard ».

Les étudiants de l’école d’art Bezalel ont organisé un sit-in et se sont bâillonnés pour protester contre la censure, après le retrait des images de Netanyahu exposées à l’école.

La première image montrait le premier ministre derrière un nœud coulant et l’artiste qui en est à l’origine a été interrogé par la police hier. LA seconde image, exposée aujourd’hui pour protester contre les débats sur la première affiche, représente Netanyahu nu avec le même nœud coulant sur ses parties génitales. La deuxième affiche était accompagné d’une message : « Et ça, c’est OK, monsieur le procureur général ? ».

Les étudiants de l'Académie d'Art de Bezalel protestent contre ce qu'ils considèrent comme des restrictions de la liberté d'expression, le 14 décembre 2016. (Crédit : capture d'écran, page Facebook de l'Académie Bezalel)

Les étudiants de l’Académie d’Art de Bezalel protestent contre ce qu’ils considèrent comme des restrictions de la liberté d’expression, le 14 décembre 2016. (Crédit : capture d’écran, page Facebook de l’Académie Bezalel)

L’école d’art Bezalel a déclaré aujourd’hui que la manifestation des étudiants, qui se sont bâillonnés avec du ruban adhésif, émerge d’une crainte. Celle que leur liberté d’expression ne soit menacée, après les débats suscités par les affiches provocatrices au sujet de Netanyahu.

« Les étudiants de Bezalel, sont des artistes du monde entier, et sont passionnés par leur travail », a déclaré la porte-parole de l’école, Michal Turgeman, dans un communiqué transmis aux médias.

« Les événements de ces derniers jours dans notre école ont touché nombre de nos étudiants. La manifestation pacifique bipartite qui a eu lieu aujourd’hui s’élevait contre la menace sur la liberté d’expression », explique-t-elle.

« En tant qu’établissement de l’enseignement supérieur, nous avons la responsabilité d’enseigner à nos étudiants le droit à l’expression de chacun, mais également à trouver un équilibre avec la responsabilité qu’ils endossent face au pouvoir de leur art, affirme Michal Turgeman Atteindre cet équilibre est toujours délicat, mais c’est quelque chose vers lequel tendent nos étudiants, leurs professeurs et notre institution».