C’est en surfant sur les sites d’emploi qu’une jeune graphiste parisienne est tombée sur une annonce dont le message est sans ambiguïté : le profil recherché est une “personne rigoureuse”, “bien organisée“, mais “si possible pas juif(ve)”.

Contactée par Les Inrocks, la société NSL Studio esquive une pirouette pour justifier la publication. “On a mis ça par rapport aux horaires, on est un studio qui ne compte pas ses heures et qui travaille parfois dans des moments de rush. Donc on voulait quelqu’un qui ne tienne pas compte de ces soucis culturels ou religieux.”

Suite à l’ampleur du buzz généré par les réseaux sociaux, NSL Studio se fend d’un tweet qui contredit la version initiale : « Bonjour, il s’agit d’un hack de notre annonce, nous ne posterions jamais ce genre de message discriminatoire, merci de faire tourner l’info ».

Or, du côté de Graphic-jobs.com, site d’offre d’emploi dans le secteur du graphisme, on explique que « la possibilité d’un hackage est inenvisageable », les mouvements sur le site étant strictement contrôlés, l’annonce n’a pas fait l’objet de modifications ultérieurement à sa publication.

Le site a depuis supprimé l’annonce discriminatoire et s’est excusé de son manque de vigilance auprès de ses utilisateurs.

Au bout du compte, Raphaël Routier, directeur artistique de la société donne une nouvelle version des faits : “on ne fait pas de discrimination, ça n’a rien à voir avec une histoire d’horaires. Cette annonce n’a pas été discutée. Nous l’avons publiée, sur deux autres sites, sans cette information. Si j’avais voulu transmettre cette information, elle aurait été identique sur tous les sites.”

Même si NSL Studio affirme qu’une enquête interne sera diligentée, c’est la justice qui devra se prononcer sur ce cas flagrant de discrimination, l’association SOS Racisme ayant indiqué qu’une plainte venait d’être déposée.