Les procureurs de Jérusalem ont prononcé une inculpation ce lundi contre une femme, originaire de Jérusalem Est et accusée d’avoir blessé deux personnes dans une attaque terroriste dans la capitale, qu’elle aurait commise « dans l’espoir de mourir en martyre ».

Fadwa Hamada, 29 ans, a été inculpée par le tribunal de Jérusalem de deux chefs d’accusation d’actes terroriste, de tentative d’homicide et de possession d’arme blanche.

Les procureurs ont déclaré qu’Hamada, originaire de Sur Baher, un quartier de Jérusalem Est, avait décidé de tuer des citoyens israéliens dans un attentat terroriste, au cours duquel elle mourrait en « martyr ».

Elle est mère de cinq enfants.

Selon les actes d’inculpation, Hamada aurait dit à son mari le 12 août qu’elle ne se sentait pas bien, et a pris un taxi pour le quartier de la porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem, emportant avec elle un couteau de 12 centimètres afin de commettre un attentat.

Après être sortie du véhicule, elle a vu un juif ultra-orthodoxe revenir du mur Occidental. Hamada s’est précipitée sur lui et a tenté de le poignarder.

« L’accusée, avec l’intention de mettre son projet de meurtre à exécution, a sorti le couteau de son sac, s’est approchée du plaignant, et l’a attaqué, dans le but de le tuer », peut-on lire dans l’acte d’accusation.

La victime a mis ses mains sur sa tête pour se protéger, et a été blessée sur le bras gauche. Il s’est enfui, avec Hamada à ses trousses, le couteau en main.

Après quelques mètres, elle s’est arrêtée et a changé de direction pour récupérer le sac qu’elle avait laissé tomber, puis s’est enfuie. Elle est passée devant un autre homme qu’elle a tenté de poignarder. Cette seconde victime, qui suivait une formation pour devenir agent de sécurité dans les tramways de Jérusalem, a été blessée à deux endroits sur la main gauche.

Il a ensuite dégainé son pistolet et tiré en direction d’Hamada, et a alerté les forces de sécurité dans le quartier. Hamada a été neutralisée puis arrêtée. La seconde victime a été transportée à l’hôpital.

La police a, par la suite, diffusé une vidéo de l’attaque.

Cette attaque a eu lieu sur la rue Sultan Suleiman, près de la porte de Damas, à l’endroit où Hadas Malka, garde-frontière, avait été tuée en juin.

Les médias israéliens avaient indiqué que le mari avait été arrêté après l’attaque, et que la police avait perquisitionné le domicile du couple à Sur Baher.

Ces deux dernières années, la Vieille Ville, et notamment la porte de Damas, a été le théâtre de plusieurs attentats par des Palestiniens, et à deux reprises, par des ressortissants jordaniens.

Depuis le mois de septembre 2015, de nombreux assaillants palestiniens ont tué 48 israéliens, 2 touristes américains, un Palestinien et un étudiant britannique, principalement dans des attaques au couteau et à la voiture-bélier. Parallèlement, 259 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens. Il s’agit principalement d’assaillants, selon les autorités.

Les autorités israéliennes estiment qu’en plus des mobiles idéologiques évidents, nombre de ces attaques, notamment celles commises par les femmes ou les jeunes filles, sont une forme de « suicide par la police », ou « suicide par un soldat ».