Le Congrès américain a honoré mercredi un marronnier planté sur une pelouse du Capitole à Washington et issu de celui qu’Anne Frank observait depuis sa cachette à Amsterdam pendant la guerre, en mémoire de la jeune fille juive, morte en déportation.

L’arbrisseau est la sixième pousse issue du marronnier d’Anne Frank à être plantée aux Etats-Unis, et cinq autres le seront dans les prochaines années.

Le marronnier se trouvait face au bâtiment où elle et sa famille se sont cachées des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. D’autres ont été plantés dans d’autres pays.

Les autres sites qui recevront des pousses aux Etats-Unis, comme Liberty Park, près du Mémorial du 11-Septembre à New York, et le lycée de Little Rock dans l’Arkansas (sud), épicentre du mouvement de lutte contre la ségrégation à la fin des années 1950, ont tous connu « des incidents spécifiques d’intolérance », explique Yvonne Simons, directrice du Anne Frank Center USA, à l’origine du projet.

Les marronniers ont passé trois ans en quarantaine pour s’assurer qu’ils n’apportaient aucune maladie.

L’arbre du Capitole devait initialement être planté dans les jardins de la Maison Blanche, mais il est impossible de modifier leur composition, selon Yvonne Simons, et le Capitole a donc été choisi à la place.

« Que cet arbre se déploie dans toute sa grandeur, serein et plein de vie, planté dans notre capitale », a déclaré Eric Cantor, chef de la majorité républicaine à la Chambre des représentants, lors d’une cérémonie en présence du ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas, Frans Timmermans. « Il rappellera à ceux qui vivent à l’étranger la bénédiction qui est la nôtre de vivre aux Etats-Unis ».

Le marronnier d’Anne Frank, largement centenaire, avait été déraciné en 2010 par des bourrasques de vent.

La famille Frank et les quatre autres juifs qui les avaient rejoints dans leur cachette avaient été dénoncés et arrêtés le 4 août 1944 puis envoyés dans des camps de concentration. Anne Frank est morte à 15 ans en 1945 au camp de Bergen-Belsen, dans le nord de l’Allemagne.

Son journal, devenu l’un des ouvrages les plus lus au monde, avait été découvert par une amie de la famille, Miep Gies, peu après le passage des nazis.