Pour la première fois un Israélien a participé – il y a deux semaines – au semi-marathon de Corée du Nord avec 600 autres ressortissants étrangers. Il a décrit son expérience dans ce pays enveloppé de mystère mais qui est, d’après lui, plus banal qu’on ne l’imagine.

Le docteur Guy Podolor, professeur à l’université de Haïfa spécialisé dans l’histoire de la Corée du Sud, a déclaré mardi aux médias en hébreu que la capitale nord-coréenne ressemblait à celle d’un pays socialiste d’Europe de l’Est des années 1960, avec un manque flagrant de publicités ou de centres commerciaux. Il a déclaré que les habitants étaient gentils, et que les inspections de l’aéroport se sont déroulées sans accroc.

« Nous avons atterri, et sommes allés à Pyongyang, qui ressemble à un pays socialiste de l’Europe de l’Est, des bâtiments gris comme dans les années 50 ou 60. Tout est très propre et très bien organisé », a-t-il relaté mardi au micro de la radio militaire. « Il n’y a pas de ‘culture de consommation’ ou des choses auxquelles nous sommes habitués. Vous ne voyez pas de publicités dans les rues, de restaurants, de centres commerciaux. »

Podolor affirme que sa citoyenneté israélienne n’a pas posé pas de problème – ni à l’aéroport et ni dans ses contacts avec les Nord-Coréens.

« Avant de voyager, j’ai cherché à savoir s’il y aurait un problème avec mon passeport israélien. Les organisateurs m’ont affirmé qu’il ne devrait pas y en avoir. J’ai vu qu’en Israël il n’y avait pas d’alerte de voyage pour cette destination, et tout s’est bien passé », a-t-il raconté.

Podolor a confié à Haaretz qu’il a eu plus d’interaction avec les Nord-Coréens qu’il ne l’avait prévu, mais les conversations ont néanmoins été limitées par les guides qui accompagnaient leur tournée, qui selon lui, étaient « cordiaux » et parlaient couramment l’anglais.

Lorsque les coureurs étrangers bavardaient avec les habitants locaux et tapaient dans la main des enfants, « mon sentiment est qu’ils [les guides] nous surveillaient pour s’assurer que nous ne passions rien. Ils veulent qu’il y ait des rencontres, mais pas entièrement. Vous ne pouvez pas rencontrer simplement quelqu’un et lui parler toute la journée », a-t-il dit.

Le coureur israélien a raconté qu’à l’hôtel les chaînes de télévision étaient toutes contrôlées par le gouvernement, mais ceux qui en faisaient la demande pouvaient avoir accès à la BBC et Al-Jazeera. Les touristes ont également été autorisés à envoyer des e-mails depuis l’hôtel, s’ils insistaient, mais « c’était très compliqué, et vous n’étiez même pas sûr de pouvoir y arriver ».

Dans l’ensemble, Podolor a conclu que les citoyens vivant dans cette dictature notoire avec un bilan catastrophique en matière de droits de l’homme « vivaient tout simplement une vie normale, se levaient, allaient au travail, prenaient le métro, sortaient pour se divertir ».

« Vous n’avez pas l’impression qu’ils vivent sous une forme de terreur », a-t-il déclaré à la station de radio, ajoutant qu’il ne croyait pas avoir été victime d’une mise en scène.

« Je serais très surpris s’il s’avérait que dans tous les parcs où ils nous ont emmenés et dans le métro, vivent des milliers de personnes dans un ‘aquarium’ mis en scène . Cela n’est vraiment pas mon impression, il me semble qu’ils vivent leur vie. Bien sûr, c’est sous une idéologie et un leadership auxquels nous ne sommes pas habitués, mais je pense qu’il y a une limite aux rumeurs et à la diabolisation ».