Une prison israélienne a récemment déjoué une tentative visant à fournir des téléphones portables à des détenus palestiniens, selon des informations parues lundi, alors que les députés se réunissaient pour décider de la levée de l’immunité d’un législateur accusé d’avoir transmis des appareils similaires à d’autres individus incarcérés dans la prison.

Les responsables agissant sur dénonciation, la semaine dernière, ont fouillé la salle des visiteurs de la prison de Ketziot, située à proximité de la ville de Beer Sheva, dans le sud, où ils ont trouvé huit téléphones portables qui avaient été dissimulés. Les appareils avaient été cachés derrière les moulures en plastique d’une fenêtre située du côté de la pièce habituellement réservé aux visiteurs, ont rapporté les médias israéliens.

Les téléphones devaient ensuite être récupérés par des prisonniers appartenant au groupe terroriste Jihad islamique.

Les employés de la prison et les responsables des services de renseignement rivalisent d’ingéniosité avec les trafiquants qui tentent d’introduire des téléphones dans les établissements pénitentiaires en utilisant des moyens variés et inventifs. Le service des prisons bloque également le réseau cellulaire dans les ailes des établissements pénitentiaires qui abritent des condamnés pour des crimes liés à la sécurité nationale.

En 2015, le gouvernement avait proposé une législation pour réduire l’utilisation des téléphones par les terroristes emprisonnés. Les téléphones portables sont devenus un mode de connexion déterminant pour répondre aux exigences opérationnelles de ceux qui programment des attentats, qui peuvent ainsi profiter de l’expérience des individus qui se trouvent déjà derrière les barreaux, selon le projet de loi.

« Les téléphones trafiqués dans les prisons ne sont pas utilisés seulement par des prisonniers individuels mais aussi par les commandements des organisations, dont l’objectif est d’établir et de conserver le contact avec les infrastructures existantes sur le terrain : les commandements répartis en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à l’étranger, ainsi que d’assurer la coordination entre les leaders répartis dans différentes prisons, ce qui permet de préserver l’activité opérationnelle et militaire au sein des établissements pénitentiaires et au-dehors », soulignait le projet de loi.

Le député arabe israélien Basel Ghattas (à gauche), du parti Balad, intégré dans la Liste arabe unie, à la Knesset , le 12 février 2015. (Crédit: Hadas Parush/Flash90)

Le député arabe israélien Basel Ghattas (à gauche), du parti Balad, intégré dans la Liste arabe unie, à la Knesset , le 12 février 2015. (Crédit: Hadas Parush/Flash90)

Au mois d’octobre, le directeur d’une autre prison israélienne et un haut responsable avaient été démis de leurs fonctions après une tentative de trafic de téléphones portables, lors de laquelle un prisonnier sécuritaire palestinien s’était échappé en utilisant un conduit de climatisation.

La police a indiqué dimanche qu’il y avait des « preuves substantielles » réunies contre Basel Ghattas, député de la Liste arabe unie, soupçonné d’avoir transmis des téléphones portables à deux prisonniers palestiniens. Les parlementaires ne subissent pas les mêmes fouilles sécuritaires lors de leur entrée dans les lieux de détention que les autres visiteurs.