C’est bien beau de savourer une brochette de poulet uniformément grillée pour célébrer la Journée de l’Indépendance d’Israël. Mais les gars de la yeshiva laïque d’Ein Prat veulent que les Israéliens ne se contentent pas d’apprécier un bon barbecue le jour de la fête nationale. Ils veulent de la gratitude, dix jours de gratitude. Dites simplement toda (merci).
 
La yeshiva, basée dans le désert de Judée, s’est lancée l’année dernière dans les Aseret Yemei Toda, ou les dix jours de remerciements.

L’objectif était de rendre plus significatifs les dix jours qui s’étendent de la Journée de la Shoah (ce jeudi 16 avril) à la Journée officielle du Souvenir et celle de l’Indépendance d’Israël (les 22 et 23 avril).

Cette année, la période de dix jours a commencé le mardi 14 avril, deux jours avant la Journée de la Shoah.

« Ces jours sont tellement significatifs, mais pas assez n’est fait rituellement », a expliqué Anat Silverstone, la PDG d’Ein Prat. « Une fois qu’une personne a quitté l’école et l’armée – les cadres qui fournissent le rituel – il n’y a pas grand chose qui est organisé ».

Mais la yeshiva avait un plan. Basé sur les dix jours de repentance entre Rosh Hashana et Yom Kippour, l’école prémilitaire a créé le projet des Dix Jours de Gratitude.

Ils souhaitaient créer plusieurs couches de sens durant ces journées nationales de souvenir, et, en particulier, de rappeler aux Israéliens d’être reconnaissants pour ce qu’ils ont.

Pour Silverstone, « la gratitude est une émotion qui n’existe pas assez dans la société israélienne. « Il y a beaucoup de cynisme et de critique, et c’est important dans une société comme la nôtre, mais la reconnaissance n’est pas assez répandue. Elle devrait être une norme dans notre société, et cela a été notre motivation ».

Lorsque le programme a été conçu par l’établissement, il a fonctionné en interne pendant plusieurs années, se souvient Avigayil Heimowitz, une anciennne élève qui est devenue la directrice du marketing d’Ein Prat.

« Nous ne savons même pas qui a commencé », a déclaré Heimowitz.

Et de poursuivre que suite au succès en interne, il a été décidé l’an dernier de le proposer à la société israélienne.

Il existe actuellement trois cercles d’activité dont des événements pour les anciens élèves, en particulier ceux qui recherchent des discussions et des conversation plus approfondies ; la sensibilisation dans la rue, à l’aide des tableaux noirs placés dans des endroits publics à Tel-Aviv, Beer Sheva et Jérusalem pour que les gens puissent noter leurs idées sur la gratitude ; et un effort de relations publiques, avec du matériel téléchargeable pour les mouvements de jeunesse, les écoles et autres organisations, ainsi que des activités pour familles à utiliser sur Jour de l’Indépendance.

Ils ne peuvent pas mesurer le succès de l’initiative de l’an dernier, sauf le compte des « j’aime » et « partages » sur Facebook. Mais ils prêtent aussi attention à la façon dont de nombreuses villes et organisations participent aux efforts de cette année.

Un Shabbat de gratitude, l'un des nombreux événements de gratitude qui se tiendra à Jérusalem, Tel Aviv et Beer Sheva le week-end du 18 avril, organisé par l'Initiative des Dix Jours de Gratitude (Crédit : Autorisation Ein Prat)

Un Shabbat de gratitude, l’un des nombreux événements de gratitude qui se tiendra à Jérusalem, Tel Aviv et Beer Sheva le week-end du 18 avril, organisé par l’Initiative des Dix Jours de Gratitude (Crédit : Autorisation Ein Prat)

Dès mardi, il y aura des tableaux accrochés dans dix villes, ainsi que des « PV » de gratitude placés sur les voitures en stationnement ainsi que des affiches et des clips encourageant l’esprit de reconnaissance.

Le site Web de l’initiative offre une liste d’événements de gratitude pendant la durée de dix jours, y compris où on peut apprendre sur la reconnaissance, où l’on peut offrir de la gratitude et quelles chansons peuvent être chantées sur ce thème.

« Il s’agit d’une initiative présomptueuse », a dit Silverstone, « parce que notre rêve est d’exposer la société israélienne à la possibilité d’être plus reconnaissante. Non seulement se sentir reconnaissants, mais agir de façon reconnaissante ».

Dans un sens, selon elle, c’est ce qui rend le programme semblable aux dix jours de repentance au début de l’année juive.

Les dix jours entre le Nouvel An juif et Yom Kippour sont destinés à une comptabilité de l’âme, a-t-elle fait remarquer, à déterminer ce qu’ils ont fait de mal au cours de l’année précédente et à décider pour lesquels ils ont besoin de demander pardon.

« Je ne pense pas que nous sommes censés avoir des remords toute l’année ; ce n’est pas l’idée », dit-elle.

« Mais nous sommes censés prendre ces dix jours chaque année et apprendre à avoir des remords. Nous disons la même chose pour la gratitude. Prenez ces dix jours et concentrez-vous sur l’idée d’être reconnaissants. Vous pouvez voir et réaliser combien c’est gratifiant.

« Pratiquer la gratitude rend les gens plus heureux, et donc rend pour la société plus saine ».