Yossi Rabinovitz, PDG de la start-up d’e-commerce israélien SelfPoint, traite avec des clients du monde entier. La plate-forme de développement de sa société est membre de Microsoft Ventures Accelerator, prouvant que la révolution high-tech haredi est en croissance rapide, avec Rabinovitz en tête d’affiche.

SelfPoint permet aux clients de configurer et utiliser une boutique en ligne pour leurs marchandises, le plus facilement du monde.
Brillant entrepreneur, Rabinovitz est également un membre actif du mouvement hassidique Chabad.

« Les gens qui viennent visiter l’accélérateur sont souvent surpris, parce que les premières personnes qu’ils voient – avec de longues barbes et une grande kippa noire – semblent ne pas appartenir à ce
milieu », explique-t-il au Times of Israel dans une interview, mardi, en marge du second Forum de high-tech haredi pour nouveaux entrepreneurs.

Rabinovitz, et des centaines d’autres entrepreneurs de la communauté ultra-orthodoxe, des deux sexes, appartiennent à des accélérateurs de haute technologie, des centres multinationaux de R&D et des start-ups de toutes les tailles et de tous les types, affirme le député Erel Margalit (Travailliste).

En tant que fondateur du fonds Jérusalem Venture Partners (JVP), Margalit est intimement impliqué dans le high-tech israélien depuis des années. Dirigeant du lobby high-tech haredi à la Knesset, il fut l’un des premiers à encourager les Israéliens ultra-orthodoxes à se lancer dans l’entrepreneuriat.

Ces efforts se sont révélés plus efficaces que ceux de la plupart des gens, dit Margalit. « Les Israéliens haredi inondent les programmes gouvernementaux conçus pour les aider à créer des entreprises », a-t-il affirmé lors de l’événement, au siège du JVP à Jérusalem, où des hommes d’affaires, des PDG et des experts en business haredi ont débattu d’idées et visionné des présentations sur la façon de s’emparer d’un concept de high tech et « le propulser ».

« Les entrepreneurs haredi qui adoptent une idée et construisent une société font penser à nuage de feu devant le camp », image Margalit. Rabinovitz est l’un de ces « nuages de feu ».

« J’ai comblé mon manque de diplômes par l’expérience, c’est une excellente méthode pour apprendre les compétences nécessaires et avancer. »

Yossi Rabinovitz

SelfPoint, dit-il, fournit une solution aux petites et moyennes épiceries qui veulent développer une présence commerciale sur le web. « Mettre en place une épicerie en ligne nécessite beaucoup de ressources, tels des canaux de distribution, des systèmes de livraison et une coordination de la tarification sur les articles dont les prix sont en constante évolution.

Notre plate-forme permet aux détaillants de créer une boutique en ligne en quelques minutes. Nous nous occupons de la logistique, du packaging, de la tarification et de tous les autres détails. Tout ce qui leur reste à faire de mettre leur logo sur le site ».

Membre de la communauté ultra-orthodoxe, Rabinovitz réalise combien il est difficile pour des anciens étudiants de yeshiva comme lui de s’adapter au monde de la technologie. Mais il a quelques idées sur la façon de réussir. « Je pense que le chemin de carrière que j’ai emprunté est le bon pour les membres de la communauté qui veulent travailler dans la technologie », observe-t-il.

Après la yeshiva, il a suivi un cours de programmation de huit mois au Jerusalem College of Technology et a décroché un emploi dans l’acoustique sous-marine et dans le site de la société de sécurité DSIT, où il a travaillé pendant environ un an et demi avant de rejoindre Retalix.

Rabinovitz a gravi des échelons dans son nouveau travail, jusqu’au poste de chef de l’équipe de développement, qui comprend la supervision d’employés titulaires de maîtrises et de doctorats.

« J’ai comblé mon manque de diplômes par l’expérience, c’est une excellente méthode pour apprendre les compétences nécessaires et avancer. »

Travailler dans une grande entreprise est également devenu plus facile pour les personnes religieuses, assure Rabinovitz, un fait confirmé par les représentants d’entreprises comme Retalix, Intel, Cisco et Mellanox, toutes présentes à l’événement, qui ont décrit la façon dont elles s’assuraient que les employés ultra-orthodoxes reçoivent des repas mehadrin (spécialement surveillés) et bénéficient d’horaires flexibles afin qu’ils puissent chômer le shabbat.

Rabinovitz se rend compte qu’il est une exception, mais d’autres peuvent aisément l’imiter, dit-il. « Le message que je veux transmettre est qu’il n’y a aucune crainte à avoir à dialoguer avec le monde séculier. Il n’est pas fermé et obtus – tout au contraire. Les seules réactions que j’ai reçues sont positives.

Et si le public laïc a des préjugés contre la communauté ultra-orthodoxe, nous avons-nous aussi nos propres préjugés à leur égard. Si nous sommes fidèles à nous-mêmes, nous ne devons pas redouter de nous ouvrir et de travailler avec les laïcs. En travaillant avec eux tels que nous sommes, nous pourrons leur montrer qu’ils n’ont rien à craindre de nous. »