L’un des plus grands problèmes pour l’adoption de l’énergie renouvelable comme source énergétique à grande échelle est la difficulté et le coût de stockage de l’énergie. Les batteries sont chères, lourdes et ne peuvent contenir qu’une quantité limitée d’énergie.

Selon de nombreux experts industriels, des sources d’énergie renouvelables comme l’énergie solaire et éolienne ne pourront être adoptées sur une grande échelle tant que le problème de stockage ne sera pas résolu.

La start-up israélienne H2energy Now croit détenir une solution de stockage – et une source d’énergie renouvelable – qui permettra à la société d’adopter facilement les énergies alternatives. L’énergie à hydrogène n’est pas nouvelle – dès 1 700, elle était utilisée expérimentalement – mais ce qui est nouveau est l’utilisation des ondes radio pour briser l’hydrogène et l’oxygène.

La technologie est si prometteuse, estime l’Union européenne, qu’elle a invité H2energy Now à l’un des plus prestigieux salons de technologie au monde – le forum Alpine High-tech Venture, parrainé par Eureka, l’organisation-cadre de R&D de l’UE. H2energy Now est la première, et jusqu’ici la seule, société israélienne à être invitée au Forum, qui en est à sa 15e édition.

Sonya Davidson, la présidente de la société, a parlé au Times of Israel de sa start-up lors d’un événement à Ashdod parrainé par TheHive, un accélérateur développé par Gvahim, une ONG israélienne qui aide les olim (immigrants) hautement qualifiés à trouver un emploi en Israël répondant à leurs qualifications. Le groupe à but non lucratif Gvahim a été fondé par la Fondation Rachi en 2006.

« Nous avons développé la méthode la plus efficace pour stocker de l’énergie – en utilisant seulement de l’eau et des ondes de radio, croyez-le ou non », déclare Davidson.

« Notre solution technologique est basée sur l’eau, le sel de la vie. Mais il y a tellement plus dans l’eau ; il a le pouvoir de stocker de l’énergie, et en fait l’énergie – sous la forme d’hydrogène – est simplement là, dans l’eau. »

Le système de H2energy Now utilise de l’eau fraiche ou salée, filtrée en gouttelettes. Chaque gouttelette est « zappée » avec des ondes radio, à une fréquence qui peut suffisamment « secouer » la liaison hydrogène-eau pour séparer les deux gaz. Avec l’eau de mer, le sel tombe de l’eau, qui évapore en deux gaz.

Une fois « libéré », l’hydrogène peut être stocké en toute sécurité dans un conteneur léger, prêt à être transformé en électricité, en carburant, ou en tout autre substitut d’essence fossile.

Selon Davidson, le stockage de l’hydrogène est parfaitement sûr, et les entreprises de voitures telles que Nissan et Honda – ainsi que des entreprises de transport public de la Californie à Israël en passant par la Chine – utilisent la puissance de l’hydrogène pour leurs véhicules, avec des réservoirs de stockage d’hydrogène conçus pour résister à la chaleur et au froid dans divers environnements.

« L’UE a investi un milliard d’euros dans des solutions de stockage d’hydrogène sûres, et les États-Unis ont dépensé 950 millions de dollars pour développer ces solutions. Parce qu’ils voient l’hydrogène comme la meilleure source d’énergie renouvelable du futur », explique Davidson,

Davidson n’est pas la première à penser à commercialiser la production d’hydrogène, mais elle est la première à le faire avec des ondes radio, une technologie évolutive efficace selon les études scientifiques. Des études menées par H2energy Now montrent que la séparation des molécules par ondes radio est beaucoup plus efficace que l’électrolyse, où l’hydrogène est généré à partir de l’eau ou du gaz naturel.

« Nous ‘perdons’ moins d’hydrogène à partir de l’eau que nos concurrents avec l’électrolyse », dit Davidson. « Nous pouvons obtenir 89 % d’efficacité, alors qu’ils atteignent généralement seulement 60 % de l’hydrogène dans l’eau. »

D’autre part, les ondes radio utilisées par H2energy Now ne fonctionneront pas avec le gaz naturel.

Mais il n’y a aucun besoin de gaz naturel avec le système de son entreprise. « L’hydrogène n’a pas de carbone, et s’il y a une fuite dans un réservoir, elle flotte sans danger dans l’atmosphère, contrairement à la fuite de gaz. En outre, l’eau de mer est beaucoup moins chère que le gaz naturel, et beaucoup plus abondante », note Davidson.

« Aucune pollution n’est créée dans notre processus. C’est une vraie technologie propre. »