L’un des ingénieurs derrière Oculus, le casque simulateur de réalité virtuelle récemment racheté par Facebook, est diplômé de l’université de Tel Aviv. Cette institution l’a bien formé pour le travail qu’il fait actuellement.

« J’ai étudié à l’UTA et reçu un diplôm en informatique et en ingénierie électrique, » a indiqué l’Israélien Dov Katz dans une interview exclusive avec le Times of Israel. « Le système éducatif israélien est excellent, et ce que j’ai appris à l’université m’a apporté d’excellentes bases pour le travail que je fais maintenant sur les systèmes de réalité virtuelle. »

En tant qu’ingénieur supérieur de vision par ordinateur pour Oculus, Katz fait partie intégrante de l’équipe qui a développé le casque Oculus Rift. Ce casque est un appareil de réalité virtuelle en 3 dimensions et donne l’impression à son utilisateur d’être « dans » le jeu.

L’utilisateur a en effet un angle de vue d’environ 100°, qui dépasse la vision périphérique pour donner une expérience d’immersion totale.

Le Rift est le premier signe d’une révolution informatique à venir. Cette technologie pourrait en effet s’appliquer à plusieurs domaines tels que les jeux informatiques – pour lesquels l’appareil a été conçu – et de nombreux autres domaines qui dépendront un jour de la réalité virtuelle.

« Certaines personnes tentent de comparer l’expérience de réalité virtuelle offerte par le Rift à un film en 3D, » explique Katz. « Bien que certains éléments de la 3D sont présents, l’effet et l’expérience sont très différents, car dans les films l’effet est externe – ce qui veut dire qu’on ne fait que le regarder – alors qu’avec la réalité virtuelle, on devient totalement immergés dans ce qui se passe. »

Katz ne peut pas révéler ce qui fait la magie du Rift, mais elle tient beaucoup des caméras 3D et de la technologie de la vision, deux spécialités de Katz. « Il existe beaucoup d’entreprises qui développent des technologies de réalité virtuelle, et Israël en est un centre de recherche, mais je peux vous affirmer qu’Oculus a développé sa technologie sans aucune aide du monde extérieur, » indique-t-il.

Le Rift n’est actuellement accessible qu’aux développeurs, dont essentiellement des éditeurs de jeux qui mettent au point des versions de leurs jeux qui fonctionneraient avec l’appareil. « Notre but initial était de créer un appareil pour les joueurs, mais certains parlent maintenant de beaucoup d’utilisations différentes pour l’appareil, » affirme Katz. « Il pourrait servir en médecine, pour permettre aux médecins d’opérer virtuellement un patient avant la vraie intervention, ou pour apprendre aux conducteurs les bonnes méthodes de se garer sans rentrer dans une voiture. »

« Il pourrait même servir à la communication, » indique Katz. « Au lieu de simplement parler au téléphone ou de voir une image sur un écran, on pourrait en fait ‘être’ dans la même pièce virtuelle avec son interlocuteur, avec nos avatars assis ensemble, parlant. »

Où et surtout jusqu’où cette technologie ira reste à voir. « Cela dépend des idées des développeurs, mais la technologie qui permet de faire beaucoup de ces choses existe déjà, » ajoute-t-il.

Facebook a racheté Oculus pour 2 milliards de dollars, une belle somme pour une compagnie qui récoltait des fonds par le « crowdsourcing » sur le site dédié à cette technique, Kickstarter, il y a juste 18 mois.

Personne ne sait encore ce que Facebook compte faire avec Oculus, mais selon l’expert israélien en technologie Nir Kouris, il est peu probable que Facebook ait dépensé tant d’argent pour un appareil qui ne pourrait être utilisé que pour les jeux.

« Facebook a récemment organisé un ‘hackathon’ [ou course informatique] de technologie portable en Californie. Les développeurs y ont mis au point toutes sortes d’appareils qui se servent des applications Facebook pour la santé, la messagerie et d’autres buts, » explique Kouris. « Mark Zuckerberg a indiqué qu’il pense que la technologie portable est une industrie importante pour les années à venir. »

Bien sûr, rassure Kouris, la technologie de réalité virtuelle d’Oculus sera développée pour les jeux – mais elle sera aussi développée avec des appareils qui permettront à l’entreprise d’élargir sa portée.

Après avoir été diplômé de l’UTA, Katz s’est rendu aux États-Unis pour poursuivre ses études. Il est diplômé de la University of Massachussetts Amherst et la Carnegie Mellon University.

« Je suis parti car ça me semblait être la chose la plus intéressante et excitante à faire, » indique-t-il. « Je sais que les gens en Israël s’inquiètent beaucoup de l’effet de ‘fuite des cerveaux,’ et du fait que le manque d’opportunités fait partir les étudiants prometteurs à l’étranger, mais ça ne m’a pas semblé être le cas. »

S’il était resté en Israël, Katz est sûr qu’il aurait intégré un programme stimulant qui se serait servi de toutes ses capacités. « Ça a été une aventure très agréable, mais la maison c’est la maison, et je compte bien y retourner un jour. »

Et en tant que membre important de l’équipe d’Oculus, Katz recevra probablement une bonne partie des 2 milliards de dollars que Facebook a donnés pour l’entreprise. Et qui sait, peut-être serait-ce assez pour revenir en Israël et monter sa propre start-up ?

« De manière intéressante, beaucoup de gens nous ont posé la question depuis que la vente a été annoncée, » indique-t-il.

« L’idée est très tentante, mais je pense que nous avons encore beaucoup à faire dans le domaine de la réalité virtuelle et avec Oculus en particulier. Avec cet achat, nous pourrons progresser beaucoup plus vite, et notre travail aura un impact sur un plus grand nombre de personnes. Tous les membres de l’équipe se sont engagés parce qu’ils y croyaient, et pas nécessairement pour l’argent – et pour la plupart d’entre nous, ça n’a pas changé. »