Neuf mois et demi après le début de l’opération Bordure Protectrice de l’été dernier et quelques jours avant le Jour du souvenir pour les victimes de guerre israéliennes et pour les victimes des opérations de haine, un nouveau clip musical commémore les 67 soldats et officiers de Tsahal qui sont tombés au cours du conflit avec le Hamas à Gaza.

La chanson, « Mon frère », chantée par Moshe Peretz et écrite par Doron Medalie, évoque les expériences et les émotions des frères et sœurs endeuillés des soldats tombés au combat.

La vidéo, produite par le quotidien Yedioth Ahronoth, met à l’honneur nombre de ces frères et sœurs qui se sont rendus, des quatre coins d’Israël, jusqu’à la frontière avec Gaza pour les besoins du tournage du clip.

La vidéo montre des paysages de la région frontalière, ainsi que des plans de Peretz, accompagné de la bande de frères et sœurs, qui sont aussi bien de jeunes enfants que des adultes d’âge moyen.

Les nombreux « split-screens » qui montrent, d’un côté, les images des frères et sœurs et de l’autre, des photos de leurs frères et sœurs disparus sont l’un des aspects les plus émouvants du clip.

Les paroles de la chanson évoquent le sang d’un frère tombé qui court dans les veines de ses frères et sœurs, et le rythme de leurs cœurs qui battent à l’unisson.

Elles parlent également du manque et des interrogations quant à l’endroit où ils se trouvent aujourd’hui. Mais le thème de la chanson est bien l’amour que les frères et sœurs portent à l’être disparu.

« Les mots et la mélodie … La mélodie est lente et triste. Tout ceci brise le cœur », décrit Rotem, 13 ans, dans un reportage produit pour les nouvelles de la Dixième Chaîne à propos de la réalisation du clip musical.

« Au milieu de la chanson, une photo de lui a surgi dans ma tête », raconte le garçon à propos de son frère, le deuxième lieutenant Bar Rahav, un ingénieur de combat de Tsahal qui a été tué, à 21 ans, le 29 juillet dernier, par un missile antichar tiré sur une position de parachutiste.

La sœur de Ron Rotom, 15 ans, affirme que l’accent mis par la vidéo et la chanson sur l’expérience des frères et sœurs en deuil était un choix important.

« Beaucoup de choses se passent du côté des parents, mais pour une fois, on montre le côté des frères et sœurs. Peu de gens perçoivent comment les jeunes frères et sœurs se sentent. Désormais ils sauront et en seront conscients » espère-t-elle.

Shai, la sœur adolescente de 19 ans du sergent Erez Sagi, qui a été tué le 28 juillet lorsque des terroristes ont tenté de s’infiltrer en Israël en utilisant un tunnel qui mène de la bande de Gaza au kibboutz Nahal Oz, parle de son réconfort à être entourée de personnes qui peuvent s’identifier à sa douleur.

« Ils [les morts] ne sont pas seulement des gens dont on parle pendant un mois et c’est tout. Ils étaient vraiment des personnes … Il n’y a pas que le président des Etats-Unis ou le Premier ministre qui méritent que l’on se souvienne d’eux »

« C’est bon de savoir que tout le monde ici est dans votre situation, qu’ils se sentent comme vous. Parce que personne d’autre ne peut comprendre » affirme-t-elle.

Certains des participants adultes, comme Vered, la sœur du sergent-chef Eliav Kahlon, 22 ans, qui a été tué le 28 juillet dans une attaque au mortier tiré depuis Gaza sur la région d’Eshkol, évoquent leur douleur alors que le Jour du souvenir approche. Selon elle, passer du statut d’observateur à la position de celui qui pleure lui-même un être cher est difficile.

Le jeune Rotem souhaite que la vidéo transmette un message à la nation.

« Ils [les morts] ne sont pas seulement des gens dont on parle pendant un mois et c’est tout. Ils étaient vraiment des personnes … Il n’y a pas que le Président des Etats-Unis ou le Premier ministre qui méritent que l’on se souvienne d’eux »,  ajoute-t-il.

Les sœurs de Sagi, Shai et Noam, veulent que les gens ne se souviennent pas seulement de leur frère disparu, mais qu’ils se rappellent aussi ce qu’est la guerre et ce que sont ses conséquences.

« Les gens ne doivent pas oublier ce qui est arrivé ici l’été dernier, et les conséquences de ceci », affirme Noam.

« Je ne crois pas que quiconque oubliera Bordure Protectrice, mais je crois que personne n’en a tiré d’enseignement. Cela me dérange vraiment », renchérit sa sœur.