C’est le moment d’être joyeux. Non, non ne parlons pas de Noël, mais plutôt de la saison des primaires israéliennes qui produit plus que jamais une surcharge de clips saritiques et amusants à petit budget et au goût douteux.

Le dernier exemple est une vidéo mise en ligne mercredi par Ronen Shoval, candidat au parti HaBayit HaYehudi.

La petit parodie de film d’horreur s’ouvre du point de vue d’un cycliste terrifié pédalant désespérément à travers une forêt féérique, poursuivi de très près par un zombie de Tzipi Livni (chef du parti Hatnua) et du directeur de la Paix Maintenant Yariv Oppenheimer.

Juste au moment où le cycliste en panique est sur le point de connaître un destin pire que la mort aux mains des deux, Shoval sort du bois et lui sauve la mise. Il détourne l’attention des zombies en leur lançant une copie du journal Haaretz. Livni et son acolyte traînant des pieds se dirigent vers les arbres tandis que Shoval offre un salut national et un café au survivant. Le message : Shoval « parle gauchiste » (quelle que soit sa signification).

Shoval est la co-fondateur du mouvement extraparlementaire Im Tirtzu, qui l’année dernière a poursuivi pour calomnie des activistes qui avait créé un groupe Facebook accusant Im Tirtzu d’être un mouvement fasciste. Im Tirtzu a perdu le procès et est actuellement en procédure d’appel.

Tout autant motivés pour « faire un carton » sur le net, d’autres politiciens exploitent également les réseaux sociaux pour les campagnes de primaires de leur parti.

Par exemple, l’ancien ministre assistant Danny Danon, qui espère remplacer Netanyahu comme le candidat du Likud pour le poste de Premier ministre, a publié une vidéo mercredi cherchant à gagner du soutien en s’en prenant à Hanin Zoabi, députée de Balad, et certainement la plus détestée parmi les Juifs israéliens. Le clip musical animé, avec la mélodie de ‘Oh Susanna’, présente le shériff Danon rôdant à travers la partie ouest de la vieille ville et promettant de renvoyer Zoabi et les autres méchants politiques arabes en dehors de la ville.

Le chœur de la chanson est « Oh Zoabi, commence à pleurer, car maintenant Dani, le véritable homme de droite, est dans les parages ». Le clip présente les portraits de l’ancien Premier ministre et fondateur du Likud Menachem Begin avec le dirigeant sioniste Ze’ev Jabotinsky montrant des pouces enthousiastes en arrière plan.

Zoabi a soulevé la furie des législateurs de droite par le passé, pour entre autres choses, sa participation à la flotille de protestation du blocus israélien contre la bande de Gaza et ses déclarations appelant à faire un « siège » d’Israël. Son incapacité à condamner les attaques du Hamas sur des civils israéliens lors de l’été lui a valu une interdiction de six mois de participer aux rencontres du comité de la Knesset.

Dans la vidéo, le shériff Danon enferme Zoabi derrière les barreaux avec le fondateur du parti Balad Azmi Bishara qui a fui Israël après des accusations qu’il aurait espionné pour le Hezbollah et le chef du Hamas Khaled Mashaal.

Zoabi a déclaré qu’elle porterait plainte à la police contre Danon pour cette vidéo qui, selon elle, était raciste contre les arabes et incitait à la violence contre elle.

Plus tôt ce mois-ci, le chef du parti religieux national HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett est entré dans la danse avec une vidéo dans laquelle il se déguisait en hipster barbu qui s’excuse pour tout, même quand les autres ont clairement tort.

Après avoir enlevé sa masse de poils du menton et un casquette de baseball pour révéler son visage plus familier sans barbe et sa tête douce, Bennett sort sa formule : « A partir de maintenant, nous devons arrêter de nous excuser », une pique aux attitudes de la gauche perçues comme antipatriotiques.

Zahav Gal-on, la chef du parti de gauche Meretz, a rapidement répondu avec sa propre vidéo dans laquelle elle était habillée en habitante d’une implantation.

Au départ, la vidéo de Gal-on ressemble à une réponse du tac-au-tac à la publicité de campagne de Bennett. (Dans le courte vidéo publiée sur Facebook, on la voit en train de mettre une longue robe, une perruque et foulard sur les cheveux pour ensuite demander à son assistant si son apparence d’habitante d’une implantation est convaincante).

Mais après avoir finalisé le déguisement, la vidéo s’arrête pour laisser place au vrai message : « Meretz ne se moque pas de ses frères et sœurs, mais Meretz travaille pour tout le monde » (Bennett fait souvent référence à ses soutiens comme ses « frères et sœurs ».)

Dans les presque trois mois à venir avant les élections du 17 mars, il y a encore beaucoup de temps pour d’autres espoirs politiques qui souhaitent démontrer leurs compétences créatives, si ce n’est leur force de conviction.