Un mois après avoir voté une motion soutenant un boycott contre Israël, la municipalité espagnole d’Aviles s’est distanciée de cette position et l’a dénoncée comme discriminante.

Le conseil de la ville du nord a annulé samedi sa motion de janvier favorisant le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël après qu’un groupe pro-Israël a initié un procès en discrimination contre la municipalité en lien avec ce vote, a annoncé lundi le quotidien El Comercio.

Selon le groupe ACOM pro-Israël qui a porté plainte, le revirement est le premier du genre et une « victoire légale et politique historique ». L’abandon de la motion soutenant le mouvement BDS a suivi des discussions sur les implantations entre ACOM et le département juridique de la municipalité, selon El Comercio.

Dans un communiqué adressé dimanche aux médias, ACOM a noté que la ville avait accepté de rendre publique son attitude négative envers le BDS, y compris un communiqué déclarant que « le boycott menace les droits des personnes à ne pas être discriminées », menace la liberté académique, et est à contre-courant de la loi espagnole sur les contrats publics et les directives de l’Union européenne de 2006 sur l’égalité des chances.

Ces derniers mois, le mouvement BDS a été confronté à plusieurs obstacles en Espagne et en Europe.

En début de mois, le gouvernement britannique a annoncé qu’il voterait des lois qui exposeraient à des poursuites judiciaires les promoteurs d’un boycott contre Israël.

En France, où de telles lois existent depuis 2003, la plus haute cour d’appels du pays a confirmé en octobre dernier un jugement condamnant des promoteurs d’un boycott contre Israël pour incitations à la haine ou à la discrimination. Le Conseil de Paris a également voté des voeux dans le même sens.