Le ministre du Logement et de la construction, Uri Ariel (Habayit Hayehudi) a déclaré que la marche de jeudi qui appelait à la construction de plus d’implantations, été censée apporter un soutien au Premier ministre Benjamin Netanyahu dans les pourparlers de paix avec les Palestiniens.

« Nous venons soutenir le Premier ministre dans les négociations, » a insisté M. Ariel à Kol Israel ce vendredi matin. « Nous sommes du côté du Premier ministre, il n’y a aucune raison de s’inquiéter. »

M. Ariel a ajouté qu’il n’avait pas le temps de démentir les rumeurs selon lesquelles son parti voudrait quitter la coalition.

Le député travailliste Nachman Shai a répondu que la marche devait démontrer « que le Premier ministre n’a pas de coalition, ni de moyen d’atteindre un accord de paix avec les Palestiniens. »

M. Shai a comparé les manifestants aux passagers d’un bateau qui perceraient des trous dans la coque afin de le faire couler. « Mais que font [la ministre de la Justice Tzipi] Livni et [le ministre des Finances Yaïr] Lapid sur ce bateau ? » a demandé M. Shai, faisant référence aux dirigeants des partis de gauche Hatnua et centriste Yesh Atid.

Des milliers de manifestants se sont réunis jeudi pour marcher jusqu’à la zone E1 controversée, reliant Jérusalem à Maale Adumim à l’est. Les individus voulaient exprimer leur opposition aux pourparlers de paix en cours entre Israël et les Palestiniens.

Plusieurs politiciens de droite se sont adressés aux manifestants, comme M. Ariel et le ministre des Transports Israel Katz (Likud).

Un dépliant distribué aux manifestants exigeait du gouvernement qu’il « résiste aux pressions internationales » et établisse la souveraineté israélienne en Cisjordanie en construisant davantage d’implantations.

« En tant que grande et puissante nation qui soutient des principes fondamentaux et des droits de construire et de s’installer sur leur terre natale, nous nous soumettrons à aucun ordre – ni des États-Unis, ni de l’Union européenne, » pouvait-on lire sur un dépliant distribué avant la marche.

M. Ariel a promis qu’Israël continuerait ses plans de construction dans la zone E1 et a insisté sur le fait qu’aucun accord de paix ne l’empêcherait de poursuivre les plans.

« Aucune autorité ne peut exiger au peuple juif de rendre des zones de terre d’Israël, » a déclaré M. Ariel. « Aucune condition ne nous engage ou n’est même valide. Il n’y aura qu’un seul pays entre la Jordanie et la mer, l’État d’Israël, » a-t-il ajouté.

Les députés du Likud Zeev Elkin et Danny Danon étaient aussi présents à la manifestation.

« Nous sommes ici pour montrer au monde entier que ce sont nos terres, et que nous avons le droit d’y construire. » a déclaré M. Elkin.

« Nous n’avons pas été élus pour être les entrepreneurs de Tzipi Livni et de Zahava Galon, » a ajouté M. Danon.

En novembre, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a ordonné l’arrêt de plans – décidés par le ministère du Logement – de construction de 20 000 nouveaux logements au sein des implantations. Un nombre sans précédent qui incluait 1 200 domiciles dans la zone E1.

M. Netanyahu a déclaré que la construction de nouvelles unités au-delà de la Ligne verte était une « étape dépourvue de sens » qui créerait une tension inutile avec la communauté internationale.

Selon les statistiques du ministère du Logement publiées en novembre dernier, 7 % des nouveaux sites de construction israéliens de cette année étaient situés en Cisjordanie et le nombre de projets de bâtiments au-delà de la Ligne verte a augmenté de presque 130 %, comparé à 2012.