La police américaine a arrêté à Philadelphie (Pennsylvanie, est) un homme âgé de 89 ans qui aurait été gardien au camp de concentration d’Auschwitz pendant la Seconde guerre mondiale.

Johann Breyer, mécanicien à la retraite, né en Tchécoslovaquie de mère américaine, a brièvement comparu mercredi devant un tribunal de Philadelphie, qui lui a refusé le droit de verser une caution au regard de la gravité des faits reprochés.

M. Breyer, qui avait été arrêté mardi, a reconnu avoir rejoint les Waffen SS à l’âge de 17 ans mais a nié avoir été gardien dans le camp d’Auschwitz, en Pologne.

Il a ensuite émigré après la guerre aux Etats-Unis, où il s’est marié, a eu des enfants et des petits-enfants.

Mais les autorités allemandes ont ouvert une enquête sur lui en 2012, le soupçonnant d’avoir été complice, en tant que gardien du camp, de la mort de centaines de milliers de juifs en 1944.

La justice américaine a retenu 158 chefs d’inculpation contre lui pour avoir aidé et soutenu les crimes du régime nazi, selon des documents judiciaires cités par des médias américains.

Son avocat, Dennis Boyle, a précisé à l’AFP qu’il avait été arrêté suite à un mandat émis par le gouvernement allemand, et qu’il serait à nouveau entendu par la justice pour une éventuelle extradition le 21 août.

M. Breyer affirme qu’il faisait partie d’une unité d’artillerie des Waffen SS et qu’il avait déserté plusieurs semaines après avoir été en poste à Auschwitz, mais dément y avoir été gardien.

« Il nie toute implication dans des crimes de guerre. Il n’a jamais été un nazi », a affirmé Me Boyle, précisant que son client avait lui-même été prisonnier dans un camp en Russie à la fin de la Seconde guerre mondiale.

« Il a été autant victime des nazis que les autres. Il n’était pas volontaire dans les SS, il ne voulait pas être un SS, il a déserté des SS », a fait valoir son avocat.

Selon M. Boyle, son client « souffre de démence » et de « problèmes cardiaques ».

Depuis plus de 60 ans, les tribunaux allemands ne poursuivaient les criminels de guerre nazis que s’ils avaient la preuve qu’ils avaient personnellement commis des atrocités.

Mais en 2011, un tribunal de Munich (sud de l’Allemagne) a condamné un immigrant américain à 5 ans de prison pour 27 000 chefs d’inculpation, et estimé que tous les anciens gardiens de camps de concentration pouvaient être poursuivis.