Manuel Valls s’en est pris jeudi soir au « quinquennat à 500 milliards » d’euros proposé par son rival Benoît Hamon, défendant lors de son unique meeting avant le second tour de la primaire socialiste élargie une « gauche de la vérité » qui refuse de « promettre n’importe quoi ».

Devant environ 500 de ses partisans réunis à Alfortville (Val-de-Marne), fief du sénateur-maire vallsiste Luc Carvounas, l’ancien Premier ministre, en ballottage défavorable, a axé ses attaques sur la crédibilité du programme de son adversaire.

« Faisons les comptes, c’est quoi la facture ? Les 350 milliards du revenu universel, le passage aux 32 heures, construire un nouveau porte-avions, gonfler la fonction publique. En tout, au bas mot, ce que propose Benoît Hamon, c’est un quinquennat à 500 milliards », a lancé M. Valls.

« Personne ne pense un seul instant que cela soit crédible ! Personne ne pense un seul instant qu’on peut se faire élire sur un tel programme », a-t-il dit.

« Je refuse de promettre n’importe quoi pour gagner (…) Je veux une gauche de la vérité, qui dit ce qu’elle fait et ce qu’elle dit », a-t-il ajouté.

Vincent Peillon, candidat à la primaire française de la gauche, sur France 2, le 3 janvier 2017. (Crédit : capture d'écran France 2)

Vincent Peillon, candidat à la primaire française de la gauche, sur France 2, le 3 janvier 2017. (Crédit : capture d’écran France 2)

Manuel Valls a cité des déclarations de Vincent Peillon et Arnaud Montebourg contre le revenu universel défendu par son rival, alors même que le premier n’a pas donné de consigne de vote et que le second s’est rallié à Benoît Hamon.

« Une société où les robots travailleraient à notre place, où ils paieraient les impôts à notre place, une semaine où on travaillerait 32 heures : tout cela n’est pas sérieux. Les rêves sont ceux des gens qui travaillent, qui travaillent dur pour s’en sortir – pas des gens qui ont déjà tout », a-t-il encore dit.

M. Valls, qui juge son rival « ambigu » face à l’islamisme radical, veut que le vote de dimanche « soit une sorte de référendum pour la conception de la laïcité qui doit être la nôtre ».

« Mon projet il n’est pas catholique, mon projet il n’est pas juif, il n’est pas musulman. Il est de gauche, il est républicain », a-t-il dit.

Manuel Valls, dont la campagne a été émaillée de plusieurs incidents comme une gifle reçue en Bretagne et un enfarinage subi à Strasbourg, a été confronté au début de son discours à deux personnes qui ont crié pour tenter de l’interrompre, avant d’être évacuées.

« J’ai du mal à vous quitter », a lancé en fin de discours.

« J’ai envie de continuer à donner, et incarner plus que jamais l’espoir, le combat pour la République, pour la France. Nous allons gagner ! », a-t-il conclu sous les cris de « Manuel, président ! »