Le chef de la diplomatie américaine John Kerry « a donné l’assurance » de sa présence à la réunion ministérielle de Paris reprogrammée début juin pour tenter de relancer l’effort de paix israélo-palestinien, a dit le Premier ministre français Manuel Valls dans une interview à une TV israélienne.

Interrogé sur la Deuxième chaîne sur le fait de savoir si les Etats-Unis soutenaient l’initiative française, Valls a répondu : « Je le crois (…) John Kerry nous a donné l’assurance qu’il sera présent et il y a par ailleurs une autre réunion prévue aux Etats-Unis ».

« La communauté internationale s’efforce de trouver les voies d’une paix basée sur deux Etats et avec Jérusalem comme capitale de ces deux Etats », a-t-il poursuivi dans cet entretien diffusé mercredi soir.

Les Français jugent importante la présence de Kerry en raison du signal qu’elle lancerait au reste de la communauté internationale.

A l’initiative de la France, cette réunion doit rassembler une vingtaine de pays, plus l’Union européenne et l’ONU, mais sans les Israéliens ni les Palestiniens. Elle doit permettre de préparer, en cas de succès, un deuxième sommet international, prévu au deuxième semestre 2016, en présence cette fois des dirigeants israélien et palestinien.

La première conférence « aura lieu sûrement avant l’été », a dit Valls, alors que plusieurs responsables français ont évoqué une réunion « début juin », sans donner de date précise.

Valls en Israël et dans les Territoires palestiniens

Le Premier ministre français entame samedi soir une visite de trois jours en Israël et dans les Territoires palestiniens, pour défendre l’initiative française, face à un possible échec après la colère d’Israël contre un récent vote de la France à l’Unesco.

A l’initiative de plusieurs pays arabes, le conseil exécutif de l’Unesco a adopté mi-avril, avec la voix de la France, une décision sur la « Palestine occupée » visant à « sauvegarder le patrimoine culturel palestinien et le caractère distinctif de Jérusalem-Est ».

« La France est désintéressée et ne souhaite qu’une seule chose, c’est qu’il puisse y avoir une paix durable entre Israéliens et Palestiniens », a assuré Valls.

Sur le vote à l’Unesco, regretté officiellement entre autres par le président François Hollande et Valls, « ça peut arriver à toutes les diplomaties (de commettre des erreurs), n’exagérons pas ce fait et n’en faisons pas surtout un conflit entre la France et Israël, ça n’aurait aucun sens », a-t-il plaidé.

« A Benjamin Netanyahu, il faut toujours parler directement, il peut toujours y avoir des désaccords sur tel et tel sujet, mais il doit aussi faire confiance à la France, je crois que c’est le cas », a avancé Valls.

Sur l’exigence israélienne de reconnaissance d’Israël comme « Etat juif », le Premier ministre a rappelé les réserves françaises : « Nous savons qu’Israël est un grand Etat démocratique, et que c’est un pays pour les Juifs, mais pas seulement », a-t-il dit.