Le Premier ministre français Manuel Valls a regretté mercredi le vote de la France en faveur d’une résolution controversée de l’Unesco sur Jérusalem, contenant selon lui « des formulations malheureuses et maladroites » qui auraient dû être « évitées ».

« Il y a dans cette résolution de l’Unesco des formulations malheureuses, maladroites, qui heurtent et qui auraient dû être incontestablement évitées, comme ce vote », a dit le Premier ministre devant l’Assemblée nationale, affirmant que cette résolution qui parle de la « Palestine occupée » « ne change(ait) rien dans la politique de la France » sur le conflit israélo-palestinien.

« Il y a dans cette résolution de l’Unesco des formulations malheureuses, maladroites, qui heurtent et qui auraient dû être incontestablement évitées, comme ce vote. »

« Je veux le redire devant vous avec force, avec conviction : la France en aucun cas hier, aujourd’hui ou demain, ne niera la présence et l’histoire juive à Jérusalem. Cela n’aurait aucun sens, c’est absurde de nier cette histoire. »

« Notre position est claire et ne varie pas : c’est la défense de la liberté d’accès et de culte à Jérusalem, ville symbole des trois grandes religions monothéistes, ville qui appartient à tous les croyants, qu’ils soient juifs, chrétiens ou musulmans », faisant référence à la réponse de Jean-Marc Ayrault, la veille.

Le Premier ministre répondait à une question de Meyer Habib, député juif français (UDI) :

« Monsieur le Premier ministre,

Oui, le 16 avril dernier, la France s’est déshonorée en votant de façon honteuse et immorale pour une résolution qui nie le lien historique entre le peuple juif et ses deux sites les plus sacrés à Jérusalem.

Je n’ai pas du tout été convaincu par la réponse, hier, du ministre des Affaires étrangères.

Jean-Marc Ayrault, à la sortie de l'Elysée le 23 janvier 2014 à Paris (Crédit : AFP/Archives/Alain Jocard)

Jean-Marc Ayrault, à la sortie de l’Elysée le 23 janvier 2014 à Paris (Crédit : AFP/Archives/Alain Jocard)

Après que l’UNESCO a décrété la Tombe de Rachel et le Caveau des Patriarches patrimoine islamique, cette résolution pousse le délire jusqu’à baptiser le mur des Lamentations « Al-Buraq », référence à Mahomet, et fait du mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme depuis 4 000 ans, un site exclusivement musulman !

Comment la France, pays des Lumières, peut-elle s’associer à pareille falsification de l’Histoire !

Comment la patrie des droits de l’Homme peut-elle se fourvoyer dans une entreprise négationniste, dont le seul objet est de délégitimer Israël ?

Depuis 2000 ans, même dans ses périodes les plus sombres, des massacres des Croisés aux bûchers de l’Inquisition, des pogroms cosaques à la tragédie de la Shoah, les juifs ont inlassablement répété l’an prochain à Jérusalem ?

En 1811 déjà, dans Itinéraire de Paris à Jérusalem, Chateaubriand écrivait :
‘Le peuple juif a assisté 17 fois à la ruine de Jérusalem, et rien ne peut le décourager; rien ne peut l’empêcher de tourner ses regards vers Sion.’
Cette résolution est une insulte à l’histoire judéo-chrétienne !

Le Temple de Jérusalem n’est-il pas au cœur des évangiles ?

Les marchands du temple vont-ils se transformer en marchands des mosquées ?

Ouvrons les yeux : islamiser Jérusalem, c’est le but ultime des djihadistes. Et nous leur prêtons main forte.
Les mêmes qui ont saccagé Palmyre, rasé Nimrud, détruit le monastère Saint-Elie et anéantissent les Chrétiens d’Orient dans leur berceau historique !

Et notre pays est bien seul à se vautrer dans cette mascarade nauséabonde !

Monsieur le Premier ministre,

Par ce vote, nous avons choisi notre camp : celui du mensonge et de de l’obscurantisme ! Juge et parti, complètement isolé, quel crédit à notre initiative diplomatique ? C’est pourquoi, j’ai écrit une lettre au Président de la République le 28 avril dernier. J’attends sa réponse. A la veille de votre visite dans la région, comment comptez-vous réparer les dégâts ? »