Le Premier ministre français Manuel Valls a déclaré lundi à Tunis que le combat contre le terrorisme était essentiel face à ce qui constitue « la plus grande menace » que le monde avait à affronter « depuis des décennies ».

Interrogé en marge d’un déplacement à Tunis sur un projet d’attentat en France par le tueur présumé du Musée juif de Bruxelles Mehdi Nemmouche, le Premier ministre a rappelé que le parquet de Paris avait démenti les informations du quotidien Libération sur ce point.

Il en outre estimé que la menace terroriste était « la plus grande menace que nous n’ayons jamais connu depuis des décennies ».

« C’est une menace pour nos intérêts, c’est une menace pour nos concitoyens mais c’est une menace plus générale pour les valeurs qui sont les nôtres (…). Ces terroristes, ces barbares (…) veulent s’en prendre aux fondements même de ce qu’est la civilisation », a-t-il dit.

« Le danger terroriste existe et nous savons le danger potentiel réel, concret, que représentent ces individus qui partent pour un projet mortifère combattre en Syrie ou en Irak et leur retour peut être mortel », a poursuivi Manuel Valls.

Ces remarques interviennent alors que le président français François Hollande s’est déclaré prêt à participer « dans le respect du droit international » à une coalition internationale pour lutter contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Irak.

La menace posée par ce groupe ultra-radical, qui contrôle des pans entiers de territoire en Irak et en Syrie, se fait d’autant plus pressante que les Occidentaux redoutent l’exportation sur leur sol d’actes de terrorisme, l’EI ayant attiré des centaines de leurs ressortissants.

Cette crainte a été illustrée samedi par les révélations d’un ex-otage français en Syrie, le journaliste Nicolas Hénin, ayant affirmé que Mehdi Nemmouche, auteur présumé de la fusillade au Musée juif de Bruxelles en mai, avait été l’un de ses geôliers pendant sa détention.

Des informations du quotidien Libération selon lesquelles Mehdi Nemmouche avait eu pour projet de commettre en juillet un attentat dans la capitale française ont cependant ont cependant été démenties lundi par le parquet de Paris et le ministre de l’Intérieur français Bernard Cazeneuve, appelant « chacun à la responsabilité » dans un contexte de « risque terroriste ».

Les autorités françaises ont opposé lundi de fermes démentis aux informations faisant état d’un projet d’attentat à Paris par Mehdi Nemmouche, le tueur présumé du Musée juif de Bruxelles et geôlier d’otages en Syrie.

« Les services du ministère de l’Intérieur n’ont jamais eu connaissance d’un tel projet », a affirmé le ministre Bernard Cazeneuve. « Les affirmations du quotidien Libération sont de fausses informations, tels sont les faits », a-t-il asséné.

Avant lui, le parquet de Paris avait déjà démenti les informations du quotidien, affirmant qu’aucun acte d’enquête ne faisait état d’un projet d’attentat en France de Mehdi Nemmouche.

Dans son édition de lundi, Libération a écrit que le jihadiste français, arrêté fin mai en France et actuellement détenu en Belgique, prévoyait de commettre un attentat à Paris à l’occasion des cérémonies célébrant la fête nationale le 14 juillet, disant s’appuyer sur « plusieurs sources » ayant eu accès aux procès-verbaux d’audition des quatre journalistes qui ont été confrontés à Mehdi Nemmouche entre juillet et décembre 2013 alors qu’ils étaient otages en Syrie.

Sur son site internet, le quotidien a maintenu lundi « ses informations sur la teneur des affirmations ou vantardises du geôlier Mehdi Nemmouche ». Le journal assure que cette information aurait été divulguée par un ex-otage « lors d’un débriefing par les services de renseignements ».

Souhaitant « poser fermement quelques principes simples, clairs et républicains », Bernard Cazeneuve a rappelé que la liberté de la presse « ne peut souffrir d’aucune remise en cause ». Mais « lutter contre le terrorisme, c’est lutter contre la barbarie mais c’est aussi lutter contre la peur », a-t-il estimé.

Aussi, selon lui, « diffuser de fausses informations, en faire des titres et des manchettes qui donnent corps à cette peur, c’est une manière de tomber dans le piège que les terroristes nous tendent ». Le ministre appelle donc « chacun à la responsabilité dans le contexte particulier et grave du risque terroriste ».

Car avec la « présence de ressortissants européens et français dans les rangs des terroristes en Syrie et en Irak », la menace est « forte », a-t-il insisté.

Medhi Nemmouche a été interpellé à Marseille (sud de la France) le 30 mai avant d’être extradé fin juillet en Belgique où il a été inculpé et incarcéré pour le quadruple assassinat commis au Musée Juif de Bruxelles le 24 mai.

D’après des anciens otages français de l’Etat islamique en Syrie, Mehdi Nemmouche a été l’un de leurs geôliers.