« Nous avons dépassé en France le nombre de 800 Français ou citoyens résidant en France qui sont concernés par la Syrie », a déclaré mardi le Premier ministre français, Manuel Valls, en estimant que La France n’a « jamais » été confrontée « à un tel défi ».

Il existe « bien entendu » en France des terroristes potentiels comparables à Mohamed Merah, auteur de tueries en 2012 dans le sud-ouest de la France, ou à Mehdi Nemmouche, passé par la Syrie et soupçonné de la tuerie du Musée juif de Bruxelles, a ajouté le ministre.

« Nous avons dépassé en France le nombre de 800 Français ou citoyens résidant en France qui sont concernés par la Syrie, soit parce qu’ils y combattent, soit parce qu’ils y sont morts – une trentaine – soit parce qu’ils en sont revenus, soit parce qu’ils veulent y aller », a-t-il indiqué.

Nous n’avons jamais été confrontés à un tel défi (…) C’est sans doute la menace la plus importante », a-t-il dit, interrogé par BFMTV et RMC.

« Il s’agit de surveiller des centaines et des centaines d’individus français ou européens qui aujourd’hui combattent en Syrie », a-t-il expliqué.

Mehdi Nemmouche, un Français de 29 ans, est soupçonné de l’assassinat de trois personnes et de la tentative d’asassinat d’une quatrième au Musée juif de Bruxelles le 24 mai. Il a été arrêté vendredi à Marseille (sud de la France).

Mohammed Merah avait tué trois militaires et trois écoliers juifs ainsi que leur professeur au princtemps 2012 dans le sud-ouest de la France. Il avait été tué par la police lors de l’assaut de l’appartement où il s’était retranché.

Les pays européens doivent redouter d’autres attaques similaires à la tuerie de Bruxelles, et leurs services doivent mieux coopérer pour prévenir ce type d’attaques, a averti lundi le coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove.

Terrorisme : Paris et Madrid plaident pour une action européenne

Les ministres espagnol et français de l’Intérieur, réunis lundi à Paris, ont rappelé leur préoccupation face au terrorisme, appelant à « une action au niveau européen pour contrer ce phénomène », ont-ils annoncé dans un communiqué commun.

Jorge Fernández Diaz et Bernard Cazeneuve, réunis pour une première réunion bilatérale depuis l’entrée en fonction de M. Cazeneuve, partagent « la même préoccupation face à la menace terroriste provenant principalement de la Syrie et d’autres zones de conflit, comme le Sahel, d’où reviennent des +combattants+ djihadistes », souligne le communiqué.

Alors qu’une cellule de recrutement de djihadistes vient d’être démantelée en Espagne et qu’un suspect dans l’attentat contre le Musée juif de Bruxelles a été arrêté à Marseille (sud de la France), les deux ministres « sont convenus de l’importance d’organiser une nouvelle réunion des ministres européens de l’Intérieur sur la lutte contre les départs en Syrie, en marge du Conseil JAI (Justice-Affaires Intérieures) du 5 juin, à Luxembourg, et de la nécessité de formuler des propositions d’action au niveau européen pour contrer ce phénomène », ajoute le communiqué.

Ils se retrouveront les 25 et 26 à Barcelone avec leurs homologues du « G6 » (Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Pologne, France et Espagne) ainsi que les Etats-Unis pour continuer d’échanger sur cette problématique, poursuit-il.

Concernant la lutte contre l’ETA, les deux ministres de l’Intérieur ont souligné « la qualité de la coopération opérationnelle et des échanges d’informations entre les services de police de nos deux pays », se disant « déterminés à poursuivre cette étroite collaboration pour faire disparaître définitivement l’ETA ».

En matière de lutte contre le trafic de stupéfiants, les deux hommes ont salué les résultats « satisfaisants » du Plan d’Action triennal hispano-français de lutte contre les drogues, signé en octobre 2012, « qui contribue largement à diminuer le trafic de haschich et de cocaïne à destination de l’Espagne et de la France, comme en attestent les saisies importants de drogue et d’avoirs criminels ».

Enfin, dans la lutte contre l’immigration illégale, ils ont plaidé, s’agissant des flux migratoires en Méditerranée, pour « une approche véritablement partagée au niveau européen, alliant les principes d’humanité et d’efficacité et prenant en compte l’ensemble des conséquences potentielles au niveau européen ».