« Nous devons aider les musulmans qui ne supportent pas d’être confondus avec ces discours. Pas uniquement avec les djihadistes, pas seulement avec des terroristes, mais avec l’intégrisme, le conservatisme, le radicalisme », a souligné le chef du gouvernement sur la radio Europe 1.

« Il faut combattre le discours des Frères musulmans dans notre pays, il faut combattre les groupes salafistes dans les quartiers », a-t-il martelé, évoquant les zones sensibles paupérisées des grandes villes du pays, à forte population immigrée souvent musulmane.

Alors qu’on lui demandait comment il entendait les combattre, Manuel Valls a répondu : « Mais par la loi, par la police, par les services de renseignement. Beaucoup de choses sont faites ».

« Une religion ne peut pas imposer son discours dans nos quartiers », a-t-il fait valoir.

La dénonciation du salafisme, même s’il est majoritairement de type quiétiste en France et hostile au djihadisme, est très courante, d’autant que cette mouvance ultra-orthodoxe influencée par le wahhabisme saoudien a gagné du terrain dans les mosquées, jusqu’à en contrôler une centaine (sur environ 2 300) aujourd’hui.

La critique frontale des Frères musulmans, confrérie née en Egypte, est moins répandue aujourd’hui au plus haut niveau de l’Etat.

La sensibilité « frériste », qui défend un islam à la fois réformiste et plutôt conservateur engagé dans le champ social et politique, est représentée par l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) et incarnée notamment par l’universitaire suisse Tariq Ramadan, petit-fils du fondateur de la confrérie, Hassan el-Banna.

L’UOIF, qui fédère des profils très divers, est l’une des principales organisations structurant l’islam de France, avec quelque 250 associations membres revendiquées.

Elle contrôle le premier lycée musulman sous contrat avec l’Etat (Averroès, à Lille, dans le nord de la France), qui vient de répondre par une plainte en diffamation aux propos d’un enseignant démissionnaire l’accusant de diffuser en sous-main une idéologie « islamiste ».

L’UOIF organise également chaque année près de Paris le plus grand rassemblement musulman du monde occidental (plus de 100 000 visiteurs), dont la liste des prédicateurs invités est surveillée de près par les autorités.

Sa 32e édition aura lieu du 3 au 6 avril.