Le gouvernement polonais consacrera quelque 100 millions de zlotys (25 millions d’euros) pour financer la création d’une nouvelle exposition principale du musée d’Auschwitz-Birkenau, symbole mondial de l’Holocauste perpétré par les Allemands nazis dans la Pologne occupée.

« L’argent permettra de financer des travaux étalées sur onze ans », a déclaré à l’AFP le directeur du musée Piotr Cywinski après la signature d’une lettre d’intention vendredi à Varsovie avec la ministre de la Culture Malgorzata Omilanowska.

Il s’agit, selon lui, d’une ambitieuse et vaste opération sur le plan logistique, nécessitant également des travaux de génie civil. La nouvelle exposition remplacera une exposition vieille de soixante ans, qui, faute de moyens, est restée inchangée depuis 1955.

« Tous les travaux devront être faits de sorte à assurer la continuité des visites du musée » devenu le lieu de mémoire le plus visité en Europe, a-t-il déclaré.

La nouvelle exposition sera axée sur trois thèmes : la première partie montrera les auteurs de l’extermination et le camp même, sa logistique et sa transformation, d’un camp de travaux forcés en usine de la mort des Juifs, a expliqué Cywinski.

« La seconde montrera la Shoah de la perspective des victimes envoyées directement dans des chambres à gaz, et la dernière parlera des prisonniers du camp de concentration et de leur déshumanisation par les Allemands », a-t-il ajouté.

« Nous allons à contre-sens des nouvelles tendances dans la muséologie qui veulent surprendre le visiteur par une réalité virtuelle, un monde interactif et le multimédias. Nous voulons surtout garder l’authenticité du lieu, bien exprimée par l’exposition actuelle et même aller plus loin dans l’esprit ascétique », a-t-il ajouté.

Ainsi, les objets personnels des déportés – milliers de valises, lunettes ou chaussures, ou encore les cheveux des victimes seront exposés comme c’est le cas actuellement.

L’accent sera mis davantage sur l’individu que sur le nombre des victimes.

« Nous voulons donner un visage humain aux victimes, raconter des histoires personnelles, car nous disposons aujourd’hui de bien plus de récits des prisonniers qu’il y a encore quelque années », a aussi souligné Cywinski.

Quelque 1,1 million de personnes, dont environ un million de juifs de différents pays d’Europe, ont péri entre 1940 et 1945 dans ce camp transformé en musée peu après la guerre.

Le 27 janvier dernier, les dirigeants du monde entier ont marqué en présence de quelque 300 derniers survivants le 70e anniversaire de sa libération par l’Armée soviétique.