Le ministre polonais de la Culture a reproché à la Maison de l’Histoire européenne récemment ouverte à Bruxelles d’avoir une vision biaisée, notamment des responsabilités dans l' »Holocauste », dénonçant des « mensonges flagrants » et des « erreurs fondamentales », dans une lettre au président du Parlement européen Antonio Tajani.

Piotr Glinski accuse notamment, sans autres explications, ce musée de suggérer dans son exposition permanente que la Pologne, la France et l’Ukraine sont « coresponsables de l’Holocauste » et que « les plus grandes victimes de la IIe guerre mondiale étaient les Allemands ».

Dans sa longue missive rendue publique vendredi par ses services, il reproche aussi au musée, dû à l’initiative du Parlement européen et inauguré en mai dernier, de « présenter le communisme dans un contexte positif, sans mentionner les millions de victimes de ce système criminel ».

Quant aux omissions, M. Glinski cite la culture – les noms de Shakespeare, Goethe et Chopin ne sont pas mentionnés, déplore-t-il, ceux des philosophes Kant, Montesquieu et Erasme non plus – et le rôle du christianisme, présenté « de manière sélective et négative ».

Enfin, il regrette que la Révolution française soit présentée comme la source des idées les plus nobles de la civilisation européenne – la liberté, l’égalité et la fraternité – et qu’on ignore l’apparition des droits de l’homme ou de l’Université, nés bien avant la fin du XVIIIe siècle. « On ne voit pas les racines des totalitarismes du XXe siècle que l’on peut chercher par exemple dans les pratiques et les idées du jacobinisme ».

« La présentation de la religion et de l’idée de la nation comme sources de tous les maux dans l’histoire de notre continent est le reflet de l’acharnement idéologique de gauche des auteurs de cette exposition », écrit encore le ministre polonais.

M. Glinski ne précise pas s’il a lui-même vu l’exposition, mais déclare avoir reçu de nombreuses demandes d’intervention de personnes qui l’ont visitée.

Professeur de sociologie, il a notamment écarté de son poste le directeur du Musée de la Seconde Guerre mondiale de Gdansk (nord), auquel il avait reproché une présentation insuffisante du combat des Polonais contre les nazis.