Près de 150 personnes ont rendu hommage samedi devant la grande synagogue de Tunis à Yoav Hattab, un jeune Tunisien tué la semaine dernière lors de la prise d’otages dans un supermarché casher à Paris.

Des bougies, des photos du jeune homme et des pancartes sur lesquelles était écrit « Repose en Paix Yoav Hattab » et « Vive la Tunisie plurielle » ont été déposées à l’entrée de la synagogue, entre deux drapeaux tunisiens.

« Je suis là en tant que citoyenne, parce qu’il était Tunisien et parce que ça m’a fendu le coeur », explique à l’AFP Bessima Boughneya, l’une des manifestantes.

Yoav Hattab, 21 ans, fils du directeur de l’école juive de Tunis, était allé en France pour étudier le commerce international. Il a été abattu par le djihadiste Amedy Coulibaly lors de la prise d’otages dans le magasin casher de la porte de Vincennes le 9 janvier.

Selon différents témoignages, il aurait été tué en essayant de se servir de l’une des armes de Coulibaly contre ce dernier.

« Ce rassemblement montre que la Tunisie réunit tout le monde. A ma connaissance, c’est la première fois qu’une manifestation de solidarité avec les Juifs se produit de cette manière en Tunisie », dit Sion Cohen, qui habite à Djerba (sud), où vit la majorité de la communauté juive tunisienne.

Si le quotidien francophone Le Temps a fait sa une sur la mort du jeune Tunisien et si le parti islamiste Ennahda a présenté ses condoléances à la famille, les autorités, elles, n’ont toujours pas réagi officiellement à la mort de Yoav.

« C’est lamentable », lance Erij Boudhief, une étudiante de 23 ans. « Je suis musulmane et je suis venue, c’était un enfant de la Tunisie. Quel message font passer les autorités aux juifs de Tunisie en n’en parlant pas ? ».

La communauté juive de Tunisie compte aujourd’hui environ 1 500 âmes, contre près de 100 000 avant l’indépendance en 1956.