La Grèce prévoit des exercices militaires conjoints avec Chypre pour renforcer la sécurité dans la région et assurer l’exploitation de leurs ressources énergétiques, a déclaré mercredi le ministre grec de la Défense Panos Kammenos en visite sur l’île méditerranéenne.

Kammenos souhaite que les deux pays renforcent leur coopération, sur fond de vives tensions entre Nicosie et Ankara autour des réserves de gaz découvertes au large de l’île, coupée en deux depuis l’invasion du nord par la Turquie en 1974 en réaction à un coup d’état mené par des nationalistes pour rattacher l’île à la Grèce.

Nicosie a autorisé des forages exploratoires dans sa zone économique exclusive (ZEE), un espace maritime qui selon le droit international lui appartient, mais Ankara est déterminé à chercher du pétrole et du gaz dans la même zone. La Turquie a ainsi envoyé un bateau en octobre pour sonder les fonds marins dans la ZEE.

En réaction, Nicosie avait suspendu les négociations de paix relancées huit mois plus tôt sous l’égide de l’ONU. Depuis, la situation est toujours bloquée.

Selon Panos Kammenos, l’envoi du navire turc était « une provocation évidente ».

« Nous voulons la paix », a déclaré Kammenos, « mais nous sommes également prêts à répondre à toute atteinte à la souveraineté nationale ou à l’intégrité territoriale de la zone ».

Le ministre grec souhaite que la coopération sécuritaire inclut également Israël et « éventuellement » l’Egypte.

Cette coopération consistera principalement à « assurer des zones de sécurité et de défense en définissant (les frontières) des Zones économiques exclusives, ce que Chypre a déjà fait et ce que la République grecque fera aussi très bientôt « , a-t-il ajouté.

La Grèce a toujours été un soutien militaire clé pour Nicosie face à la Turquie. Athènes compte 10 000 soldats stationnés en République de Chypre et fournit encadrement et entraînement à la Garde national chypriote.

Chypre ambitionne de devenir une plate-forme gazière régionale depuis la découverte en 2011 de gaz dans le champ Aphrodite, au sud-est de l’île. Selon les estimations, les réserves de ce champ atteindraient entre 100 et 170 milliards de m3 de gaz.

Chypre espère exporter son gaz, et peut-être du pétrole, d’ici à 2022.