Un trésor rare du 16e siècle, récemment rendu par un musée britannique à la famille juive qui en était propriétaire, sera vendu aux enchères cette semaine ; sa valeur est estimée à un demi-million de livres sterling.

La vente apportera à l’histoire de ce magnifique artefact un dénouement triomphant. Les fonds récoltés seront utilisés à des fins de bienfaisance, comme le souhaitait leur propriétaire.

Le Ashmolean, le premier musée universitaire du monde, a reçu un legs spectaculaire en 2012 : les biens de Michael Wellby, un collectionneur britannique de premier plan.

Parmi les 500 articles de l’époque de la Renaissance et du Baroque dont il a hérités, figurait une cave à sel datant de 1560, qui aurait été utilisée lors des fêtes royales européennes, a rapporté The Telegraph dimanche.

Mais en étudiant l’histoire de l’objet, l’institution Oxford a appris que, alors que rien ne laissait croire que Wellby ait agi autrement que de bonne foi, l’objet faisait à l’origine partie d’une collection appartenant à un couple germano-américain juif spolié par les nazis.

La cave à sel a été retracée jusqu’à Henry et Emma Budge, qui avaient regagné leur Allemagne natale après avoir immigré aux États-Unis à la fin du 19e siècle, où ils ont prospéré financièrement en tant que banquiers et financiers des chemins de fer reliant New York, Philadelphie et Boston.

Lorsque Emma est morte en 1935, huit ans après son mari, elle a laissé la collection de la famille aux foyers de soins fondé par le couple pour les juifs et les chrétiens âgés de Hambourg. Mais les nazis se sont emparés de l’ensemble du legs, et l’ont vendu aux enchères, en 1937, à Berlin. Les profits ont été reversés au gouvernement nazi.

Apprenant l’histoire de la cave à sel, les directeurs du Ashmolean ont décidé de rendre l’objet à la famille Budge, qui le vendront aux enchères dans une vente des Trésors de Sotheby mercredi. Les profits iront aux foyers de soins fondés par le couple, comme les propriétaires l’avaient initialement prévu.

Le mois dernier, une peinture pillée et cachée depuis des décennies a battu des records de prix dans une rare vente à Londres.

Le tableau « Deux coureurs sur une plage », de Max Liebermann, faisait partie des plus de 1 200 œuvres d’art détenues dans l’appartement munichois de Cornelius Gurlitt lorsque la police allemande l’a perquisitionné en 2012.

La vente aux enchères comprenait également un portrait de Gustav Klimt spolié par les nazis à des Juifs et vendu après la résolution d’un différend entre les descendants de l’artiste et le sujet.

L’AFP a contribué à cet article