La Grande-Bretagne devrait unilatéralement reconnaître la « Palestine » comme un Etat souverain pour relancer la procédure de la mise en place de la solution à deux Etats. C’est l’opinion défendue par l’ancien consul de Grande-Bretagne à Jérusalem dans un article publié mercredi.

Le diplomate Vincent Fean, fonctionnaire au consulat britannique à Jérusalem de 2012 à début 2014, explique que par ses liens historiques dans la région, « une reconnaissance unilatérale de l’Etat de Palestine peut changer la dynamique dans l’UE et à l’ONU ».

« Là où nous allons, l’Europe nous suivra – et il y a urgence », écrit Fean dans The Telegraph.

« Pourquoi le Royaume-Uni me demanderez-vous ? Eh bien, nous faisons partie de l’histoire de ce conflit – nous sommes à l’origine de la Déclaration de Balfour et avons été les titulaires du mandat palestinien entre 1920 et 1948. En vertu de ce mandat, nous avions ‘la mission sacrée de la civilisation’ de promouvoir le bien-être du peuple palestinien et de les guider vers l’indépendance », ajoute-t-il.

L’objectif final de deux Etats est « la seule solution viable » et les Israéliens tout comme les Palestiniens méritent la sécurité et un Etat, écrit Fean.

Une reconnaissance bilatérale de la « Palestine » « est un cadeau du Royaume-Uni » et ne serait liée à « aucun parti politique palestinien ».

L’heure de la reconnaissance « est arrivée. Pour ce membre permanent du Conseil de sécurité qui a le droit de veto, s’abstenir davantage serait comme se démettre de toute responsabilité. Si nous choisissons d’agir de manière décisive, nous changeons la dynamique de l’UE et
de l’ONU », souligne Fean.

Pour Fean, la solution à deux Etats ressemblerait à l’Initiative de paix arabe de 2002.

Cela impliquerait que les « frontières des deux Etats soient délimitées par les lignes de 1967, qu’un échange convenu de terre de taille et de valeur similaire soit effectué ; que Gaza soit démilitarisé comme le reste de la Palestine et relié à la Cisjordanie, et que Jérusalem soit la capitale des deux Etats, qui se mettront d’accord sur une solution juste et équitable sur la question des réfugiés ».

Pour que cela fonctionne, les Palestiniens doivent adhérer à « une politique de non-violence de [l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas], à la coopération sécuritaire avec Israël sur le territoire palestinien, à la tenue d’élections justes et impartiales… Cette reconnaissance renouvellera la croyance des Palestiniens que la seule voie qui mène quelque part est la voie de la non-violence, non pas la voie du Hamas, que l’Etat doit être érigé par la diplomatie et l’expression de la démocratie et non pas par la destruction ».

Fean a été obligé de quitter précipitamment l’université Birzeit de Ramallah en mars 2013 car une manifestation contre lui devenait violente.

Selon l’agence de nouvelles palestinienne Maan, une douzaine d’étudiants ont entouré l’immeuble administratif de l’université où Fean était en entretien avec le président de l’université Khalil Hindy.

Les services de sécurité du campus ont dû escorter Fean jusqu’à sa voiture. D’après l’article de Maan, les manifestants s’en sont alors pris à son véhicule et ont cassé un rétroviseur.

Apparemment, les étudiants manifestaient contre « la position britannique sur la question palestinienne » mais aussi contre sa position historique envers Israël, représentée par la Déclaration de Balfour de 1917.

C’était la première fois que la Grande-Bretagne soutenait les aspirations étatiques du peuple juif.