Le président François Hollande se rendra mardi à la Grande mosquée de Paris pour rendre hommage aux musulmans morts pour la France entre 1914 et 1918, dans le cadre des commémorations de la Première Guerre mondiale.

Le chef de l’Etat doit inaugurer à 11h00 un nouveau mémorial en souvenir de ces combattants, en l’honneur desquels la Grande mosquée de Paris (GMP) fut construite entre 1922 et 1926.

Des plaques rendant hommage aux quelque 100 000 musulmans tombés pour la France lors des deux conflits mondiaux avaient déjà été inaugurées à la GMP le 11 novembre 2010 par le précédent gouvernement, puis en mars 2012 par Nicolas Sarkozy.

« Même si ce n’est pas nouveau, c’est bien que François Hollande rappelle à nouveau à ceux qui rejettent les musulmans que des milliers d’indigènes sont morts pour la France », a déclaré Abdallah Zekri, membre du Conseil français du Culte musulman (CFCM).

« Il faut aussi qu’il se saisisse de l’occasion pour échanger avec nous sur le climat actuel inquiétant », a-t-il ajouté, en référence à la multiplication des actes islamophobes.

226 actes anti-musulmans ont été enregistrés en 2013, en hausse de 11,3 %, selon les derniers chiffres de l’Observatoire contre l’islamophobie, présidé par Zekri.

Lors de sa conférence de presse de début d’année, François Hollande, interrogé sur l’affaire Dieudonné, avait promis de lutter avec la même intransigeance contre les attaques visant toutes les religions.

« La République, ce n’est pas deux poids, deux mesures », avait-il affirmé pour démonter la théorie du « complot » portée par Dieudonné qui a accusé le gouvernement d’être aux ordres de « la communauté juive ».

A l’approche des élections municipales

Par ailleurs, la visite du chef de l’Etat se déroule à un mois des élections municipales, alors que l’UMP souhaite reconquérir une partie des électeurs musulmans.

Selon une étude du Cévipof de décembre 2011, les musulmans représentent près de 5 % du corps électoral.

Echaudés par les débats sur le voile ou le halal, ils ont voté majoritairement à gauche à la présidentielle.

Mais ces derniers temps, des musulmans rigoristes se sont élevés contre les projets sociétaux du gouvernement, certains participant avec des catholiques intégristes aux « journées de retrait de l’école » sur fond de rumeurs sur une soi-disant « théorie du genre ».